Around my world

Des livres et des livres, beaucoup de livres. Ah oui, j'oubliais, aussi des livres.

 

Le Printemps

 

 Mon printemps est né dans ses yeux, derrière l'écran.


La Puberté - épisode 4

 

J’avais 13 ans quand on m’a envoyée en Angleterre pour la première fois, afin de parfaire mon anglais, parce que je n’avais pas pris allemand. Là-bas, j’ai appris à fumer pour paraître plus âgée. J’ai beaucoup toussé. J’avais choisi de fumer des Dunhill rouge car le paquet était élégant. Il avait des dorures et un graphisme pur. Là-bas j’ai compris qu’avec nos doigts nous faisions des gestes grossiers qui, outre-manche, n’avaient pas la même signification. À 13 ans, je gardais mes mains dans mes poches, avec mes doigts repliés, comme on me l’avait appris. Les vagues, c’était pas pour moi. Et puis l’eau éteint les cigarettes. Je fumais. Clope sur clope. Fumeuse et fumiste. J’avais 13 ans. I was thirteen.

 

La Puberté - épisode 3

À l’âge de 12 ans, ma vue a baissé. Je suis devenue myope. Assise au fond de la classe, je plissais les yeux pour apercevoir ce que la professeur de sciences naturelles écrivait au tableau. Je n’avais pas envie d’aller au premier rang car j’aurais été trop loin de la fenêtre, ce cadre dans lequel se dessinaient des figures nuageuses, l’évasion bleue. La professeur s’appelait Madame Thollot et elle portait des lunettes. Enfin... ses lunettes étaient tellement grandes qu’on aurait pu dire que c’était les lunettes qui portaient Madame Thollot. Un jour, alors que j’essayais de lire sur le cahier de mon voisin ce qu’il avait copié du tableau, un rire général retentit. Je me redressais. Madame Thollot prit le cahier de mon voisin, le mit sous mon nez et me dit : - Lis à haute voix. « Je dois aller voir l’ophtalmologiste sinon je serais forcée de porter les mêmes lunettes que Madame Thollot. »  

C’était écrit au tableau. Elle était gentille Madame Thollot. J’avais 12 ans.

 


La Puberté - épisode 2

A l’âge de 12 ans s’est posée la question du soutien-gorge. Pas celui qu’enfant j’avais littéralement sous la gorge après avoir sauté dans la piscine dans mon deux pièces sans cuisine. Non, un vrai soutien-gorge avec mes seins dedans. Je trouvais l’idée inadaptée, je ne voulais pas en porter. Les garçons au collège s’amusaient à tirer sur les bretelles et l’élastique sifflait sur la peau de mes copines qui rougissaient de colère et puis elles avaient un peu mal aussi.

 

Mon frère aîné m’a alors dit que plus tard j’aurais des bleus aux genoux, que les seins c’était comme les pommes qui tombent de l’arbre et que parfois, dans les vergers, il y a des filets pour que les pommes ne finissent pas au sol. Il m’a aussi parlée de gant de toilettes mais c’était plus confus. Déjà que... J’avais 12 ans.

 

La Puberté - épisode 1

À l’âge de 10 ans, je portais des maillots de corps que je n’appelais pas encore Marcel. Assise en haut de l’escalier de la maison familiale, j’avais le mal de mère dans mon petit bateau, j’étais un corsaire dont le corps ne l’enserrait pas encore.

 

J’avais 10 ans et je boudais, les bras repliés contre moi-même. C’est à ce moment là que j’ai ressenti des boules, et pourtant ce n’était pas Noël. Amusant clin d’œil, j’avais les boules littérales et figurées, les boules incarnées comme certains avec les ongles. Je les touchais du bout des doigts comme on tâtonne à chercher la réalité. J’avais 10 ans... La puberté était un nom barbare qui portait le préfixe de l’annonce de ma féminité.

 

 


A l'unisson

C'est l'histoire d'une enfant qui dessinait des moutons pour changer sa planète et trouver l'amour.

De main d'homme

"Tous les grands événements ont été déclenchés par des fous, par des médiocres. Il en sera ainsi, soyons-en certain, de la fin du monde elle-même."

                                         Cioran

 


La main justifie la fin

Si la faim justifie les moyens, la main peut justifier la fin.