mar.

17

oct.

2017

Dans la vie...

mar.

10

oct.

2017

Est-ce la fin ?

mar.

03

oct.

2017

La mouche et la poule

mar.

03

oct.

2017

Le bras long

lun.

02

oct.

2017

Pied

lun.

18

sept.

2017

Écraser

mar.

12

sept.

2017

Mesurer sa chance

sam.

09

sept.

2017

La pluie

mar.

05

sept.

2017

La rentrée

mer.

30

août

2017

Toi

Toi, trois petites lettres toujours là.

Toi, trois petites lettres qui donnent le la.

Toi, pas lui, pas elle, mais toi. Toi, à la fin il ne reste que toi.

Toi, pour oublier le moi.

Toi. Bonjour toi ! Comment tu vas toi ? Je t'aime toi.

Toi, parce que "pas les autres". Toi pour t'inclure. Toi pour les exclure.

Toi pour obliger l'autre, pour lui dire vraiment à lui, rien qu'à lui, que c'est bien à lui qu'on s'adresse.

Toi. Toi. Toi.

Toi, trois petites lettres qui remplacent bien des mots.

Toi, une caresse pour dire la tendresse, pour dire l'amour, pour se rapprocher. Toi, lentement pour t'incarner.

Toi. Mais qui es-tu, toi ?

Toi, l'obsession d'un autre moi. Toi, une existence parallèle dans une immensité bleue. 

Toi émoi. Toi présent, ici bas. Toi. Pour haranguer la foule des possibles entre nous. Toi. Que fais-tu ? M'entends-tu ? Me lis-tu ? 

Toi. Je t'aime toi, mais tu ne le vois pas. 

Toi, le sel pour les mots autour. Toi, l'insistance de cet autre sans quoi le moi ne devient pas. 

Un, deux, toi. Une comptine d'adultes, une comptine pour toi.

Toi.

 

 

--- À  Matthieu.

 

 

 

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lun.

28

août

2017

Les ballons

Tu me gonfles.

Je te gonfle.
Et si on était des ballons ? Suffisamment légers pour flotter, s'éloigner, se rapprocher, se frôler, au gré du vent et des envies qui nous traversent.
 
Tu me gonfles.
Je te gonfle.
Accepter l'air. L'air de rien. L'air de l'autre. Celui qui nous remplit et nous donne forme. Celui qui nous transporte et nous transforme. L'envol.
 
Tu me gonfles.
Je te gonfle.
La respiration et le souffle. Le bouche à bouche, la poitrine qui se gonfle, le torse qui se bombe. La fluidité de l'air. 
 
Tu me gonfles.
Je te gonfle.
L'air de l'autre qui remplit notre enveloppe. Le sang dans les tempes, le cœur qui respire. L'air nécessaire pour éviter l’asphyxie.
 
Tu me gonfles.
Je te gonfle.
Un circuit court pour se retenir à la vie. L'air qui réchauffe et qui caresse. L'étincelle dans nos vies. L'air qui nous fait matière et nous épaissit.
 
Tu me gonfles.
Je te gonfle.
Inspiration pour expier sa mélancolie. Expiration pour insuffler de l'amour à lui, rien qu'à lui. 
 
Tu me gonfles mais tu me donnes corps.
Tu me gonfles mais sans toi je suis sans vie.
Tu me gonfles mais sans toi je manque d'air. 
Tu me gonfles mais tu es ma poésie. 
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mer.

12

juil.

2017

Un sosie

Il y a quelques jours, j'ai croisé plusieurs fois un homme qui ressemblait à John Travolta. Une sorte de mauvais sosie. Est-ce que les gens connaissent les personnes auxquelles je trouve qu'ils ressemblent ?

 

La première fois, j'ai souri. Il était bedonnant et en bermuda bleu avec un bandana noir usé sans doute par tous lavages subis depuis les années 80. Dans ma tête, je le voyais danser avec Uma et je me disais que le bermuda aurait sans doute cassé l'image très cinématographique des deux acteurs se déhanchant sur un twist. Son ventre trop gras n'aurait pas laissé un espace suffisant aux mouvements de l'actrice quand elle mime sa plongée en eaux troubles.

 

La deuxième fois, j'ai souri aussi. Je me suis dit qu'il pourrait faire un effort parce que la ressemblance, quand même, c'était pas trop ça. Il portait des sacs plastiques, ses cheveux bruns étaient sales, il n'avait pas de catogan. Tu parles d'un sosie. 

 

La troisième fois, j'ai regardé autour de moi pour voir s'il n'y avait pas de caméra. Dans la rue, une fille avec un smartphone mais c'était pas Sofia Coppola. J'ai bien regardé John et j'ai failli l'arrêter. Mais qu'aurais-je fait ? Pas super envie de me faire baffer. Je ne me voyais pas trop lui demander un autographe, en plus, je ne sais pas comment on dit en anglais. Et puis je me suis souvenue qu'après l’explosion du crâne dans la voiture et la douche au jet d'eau froide, John avait emprunté de vieux vêtements. Il portait alors un bermuda bleu et n'avait pas de catogan.

 

Peut-être bien que c'était lui ?

 

mar.

11

juil.

2017

Les Cécilies, amphibiens mystérieux

Ce matin, j’ai trouvé ce document. https://www.fr.ch/mhn/files/pdf33/cecilies.pdf

Ça parle de moi alors ça m’a fait la matinée. En voici des extraits, commentés et aussi validés. Ou pas. 

 

Les Cécilies, des animaux mystérieux

 

Les Cécilies sont des Amphibiens allongés. Posture estivale, je valide.

Les Cécilies sont peu connues du grand public. Et c’est tant mieux, je valide. Seuls les indigènes et les ouvriers agricoles rencontrent parfois cette créature discrète dans les champs, les plantations ou la forêt tropicale. Si tu es indigène ou ouvrier agricole, contacte moi au plus vite par email pour que nous fassions connaissance dans un champ ou une plantation dès cet été et que nous rendions justice ensemble à ce qui est énoncé. Je ne valide pas.

 

En 1749 déjà, Carl von Linné (1707-1778) AH LALA le mytho, j’étais même pas née. le célèbre naturaliste suédois, décrivait ce groupe d’animaux. Leurs mœurs sont discrètes, et elles vivent dans des régions reculées. Alors déjà, Carl, mes mœurs sont ce qu’elles sont, et les étaler dans un traité scientifique, perso, je trouve pas ça très discret. Quant à Lyon, cher Carl, ce n'est pas non plus un village médiéval. Il faudrait vous renseigner au lieu de croire en votre érudition. Je ne valide pas.

 

Le zoologue Edward Harrison Taylor (1889-1972), qui a étudié ces animaux, les décrit de la manière suivante : « En regardant superficiellement cet être vivant, je trouve qu’il ressemble à un ver de terre doté d’une colonne vertébrale. » Ver de terre, non mais ta mère ! Vous vous êtes vu ? Il faut regarder en profondeur, vous gagnerez du temps. Je ne valide pas.

 

Les Cécilies subissent, soit dans l’œuf soit après l’éclosion, une métamorphose. Ah ben oui, j’ai grandi, je suis passée de 51 cm à la naissance à 1m69 à l’âge adulte. Et puis mes cheveux sont passés du blond, au châtain et là, ils virent au blanc. Je valide.  Une larve, respirant par des branchies, se transforme en un animal terrestre respirant par des poumons. Une larve, faudrait pas exagérer. Je suis née poussière et sans doute qu’avec ce que je fume, je finirai en cendres. Je valide quand même.

 

Comparés à d’autres Vertébrés terrestres, les Amphibiens sont de petite taille. Je mesure 1m69, ce qui pour ma génération, est une taille moyenne voire même haute, surtout quand je porte mes talons. Je ne valide pas.

 

Afin de se protéger contre les infections liées à des champignons ou des micro-organismes et dissuader des ennemis potentiels, les Amphibiens sécrètent par la peau, des substances antibiotiques et venimeuses. Après la douche, je m’asperge chaque matin de parfums délicats. Je précise que le port du préservatif constitue un rempart assez fiable aux maladies sexuellement transmissibles. Enfin, j’ajoute qu’un NON clair ainsi qu'une attitude fermée et sans équivoque repoussent les lourds prétendants vers d’autres animaux plus dociles. Je valide.

 

L’anatomie de leur oreille moyenne les distingue de tous les autres Vertébrés terrestres. Oui j’ai les oreilles percées et assez jolies. Une fois l’an, je m’enguirlande pour m’amuser. Je valide.

 

Ils ont des dents pédicellées; dents, dont la base est séparée de la couronne par une zone de tissu filandreux. Ok, oui, bon, j’ai porté un appareil de la 5ème à la 3ème , ce qui m’a valu un certain retard dans la fréquentation du sexe opposé. Enfin à l’époque, c’était pas du sexe, c’était juste des baisers volés. Je valide.

 

 

Uniques, les Cécilies ont des écailles de poisson N’importe quoi. Elle avait du poil aux pattes, Cécilie aussi. Je ne valide pas.

 

Autres caractéristiques qui font que les Cécilies sont uniques :

Les Cécilies sont les seuls Amphibiens sans pigment vert à l’intérieur de l’oeil. Alors là, pas d’accord. J’ai les yeux fichtrement verts, tous mes pigments le sont. Les yeux verts, les yeux revolvers. Je ne valide pas.

 

Chez de nombreux Anoures et Urodèles, un muscle relie l’épaule à la capsule auditive. Ce système dit Operculum-Opercularis était probablement un système simple d’équilibre et sensoriel des Amphibiens ancestraux. Les Cécilies, qui aujourd’hui n’ont plus d’épaule, ne disposent plus de ce système. Comment savent-ils que je me suis pêtée la clavicule gauche en moto ? Je suis estomaquée. Je valide.

 

La répartition géographique des familles de Cécilies ne correspond pas à la disposition actuelle des continents. De ce fait, elle a dû avoir lieu avant les grands déplacements des continents. Alors j’ai vécu à la campagne, à Paris et maintenant à Lyon. J’ai quitté plusieurs fois le continent lors de voyages touristiques, mais ça n’a eu aucun effet sur la tectonique des plaques. Je ne valide pas.

 

Les familles de Cécilies et leur niveau évolutif

 

Les Cécilies primitives : Ca n’existe pas.

Les Cécilies évoluées : Ben y’a moi.

Les Cécilies les plus évoluées : Moi dans un an. Dans la vie, il faut des projets qui nous portent et toujours aller de l’avant.

 

Les Cécilies, des fouisseuses de galeries

 

La plupart des Cécilies sont bien adaptées à la vie souterraine. De part leur aspect et leur mode de vie, elles forment un groupe d’animaux bien différencié. Question d’urbanité. Je ne prends que rarement le métro mais il est vrai que j’adore aller au musée, visiter des expositions, des galeries d’art tout ça, j’adore, j’adore, j’adore.. Je valide.

Grâce à ces tentacules, que l’on ne retrouve chez aucun autre vertébré, les Cécilies sont capables de sentir, de goûter et de récolter des informations quant à la température et l’humidité. Non, c’est pas ça, pas exactement, je parlerais plus volontiers d’hypersensibilité. Quant aux tentacules, vous êtes sérieux ? Je ne valide qu’à moitié.

 

Alors que certaines espèces ont encore de bonnes facultés visuelles, d’autres ont des yeux atrophiés, recouverts de peau, de tissus ou même cachés par les os du crâne. Longtemps, j’ai été myope jusqu’à en perdre un œil. Puis les bistouris m’ont rendue cette faculté visuelle qui n'a pas de prix (enfin si 3000 € avec une prise en charge partielle de la mutuelle), faculté exacerbée par ma quête perpétuelle de nouveautés : voir ce qui n’a pas encore été vu. Je valide.  

 

Les Cécilie possèdent une anatomie du corps (musculature et squelette), qui permet d’avancer dans les galeries grâce à un mouvement en accordéon. « Walk like an egyptian »(clique si tu veux écouter) est une chanson des Bangles qui date de 1986. Sinon, moi, je marche normalement. Leur corps est capable de glisser sur les surfaces grâce à des sécrétions visqueuses de la peau. Tout sol sec est évité par les Cécilies car il ne leur permet de se déplacer qu’au prix d’efforts importants. Elles n’apparaissent à la surface de la terre que lorsque l’humidité est suffisante. Alors là, on est dans le grand n’importe quoi ! Peut-être que je ne passe pas la serpillière tous les jours, ça, je vais pas vous mentir, c'est vrai. Par contre, je glisse comme tout le monde quand le sol est gras. Donc je ne valide pas.   

 

Les Cécilies aquatiques vivent dans les régions tropicales d’Amérique du Sud En vrai je vais passer l’été dans le Forez.

 

Les Cécilies aquatiques doivent remonter régulièrement à la surface de l’eau pour respirer, et leur corps, proche de celui d’une anguille, Je fais quand même un 90 B est bien adapté à la vie aquatique. L’été je nage c’est vrai, et je lézarde aussi, ça me fait une compagnie. Je valide mais vite fait.

Les Cécilies nageuses, du genre Typhlonectes, mangent des mollusques aquatiques mais aussi des poissons morts. Plateau de fruits de mer et sushis, ben oui et alors ? Je valide. 

 

Attention, nous sommes venimeuses !

 

Le mot d’ordre des Cécilies pour assurer leur survie est :

 • se cacher sous terre pour éviter le danger. Durant la journée, lorsqu’elles courent le plus grand risque, elles restent dans le sol. C’est durant la nuit qu’elles remontent à la surface. La vérité c’est que l’écran d’ordinateur est remplacé par le sol. Je suis cachée derrière mon écran avec mon ennui et dès la sortie du travail, je revis. Tu m’étonnes que je valide !

 

Les chances de survie d’une Cécilie augmentent :

• lorsqu’elle parvient à effrayer visuellement son agresseur. La Cécilie de São Tomé avertit ses ennemis « Attention ! Ne t’approche pas ! » à l’aide de la couleur jaune vive de son corps.  Le jaune ne me sied pas au teint et en règle générale, je préfère aller au-delà des apparences, y compris la mienne. J’impressionne donc par des répliques stupides qui arrêtent net tout intérêt qu’on pourrait me porter. Je ne valide pas.

• lorsqu’elle est non comestible ou toxique. Qui n’a pas connu de relation toxique, hein, qui ? Mes chances de survie augmentent surtout quand j’ai le temps d’écrire et que je ne suis pas au travail.

 

Connue depuis peu, une Cécilie sans poumon C’est vrai, j’ai repris la cigarette et ma santé se gâte. Bientôt, je vais à nouveau arrêter de fumer. Validation en cours d’exécution.

 

Récemment le Musée d’histoire naturelle de Vienne (Autriche) trouva dans sa collection une Cécilie sans poumon. Est-ce prémonitoire ? Ce qui m’attend si je n’arrête pas la cigarette, c’est une assistance respiratoire, le bras tendu sur un perchoir roulant, je déambulerai avec un bâton pour prêcher la saine parole que fumer est mauvais pour la santé.

Sur l’étiquette du bocal contenant l’animal, aucune mention ne figurait quant à la date ni au lieu où fut trouvée cette Cécilie. Mon corps est en cours de combustion. Une crémation interne pour enterrement lent mais pas indolore. Je vais finir dans un bocal auprès de mes congénères. Oui mais quand ?  Après des recherches, un autre spécimen d’Atretochoana eiselti fut découvert dans un musée brésilien. Là aussi, l’étiquette était malheureusement incomplète. Malgré tout, on sait aujourd’hui que des Cécilies sans poumon existent et qu’elles vivent, selon toute vraisemblance, en Amérique du Sud. C’est vrai qu’avec le réchauffement climatique, les températures lyonnaises n’ont rien à envier à celles de Rio. Je valide.

 

Pour conclure, tout est vrai ou presque.

 

 

mer.

05

juil.

2017

Le temps pour tout

"Un poète mort n'écrit plus. D'où l'importance de rester vivant." Michel Houellebecq

Le temps pour tout,

Élastique, dans l’oubli et les souvenirs qui émergent tels des icebergs.

Infini, dans l’absence et les résurgences d’un passé toujours à flot.

Éclair, dans les rires et la joie du présent qui s’écrit à nouveau.

 

Le temps qui s’arrête.

Léger, se nourrir et plonger dans les lectures nécessaires.

Lumière, l’instinct qui dicte, et oblige, et raconte, tout ce qu’on a enfoui.

Il faudra bien écrire ce que la vie m’a fait,

 

Témoignage minuscule d’un amour défait.

mer.

14

juin

2017

Trier

TRIER
(~1175) Étymologie discutée. (Toujours cette histoire de poule et d’œufCertains y voient une déformation de tirer. (Ce qui, avec une arme à feu, reste quand même un moyen d'opérer un tri). D’autres pensent qu’il serait issu du bas latin tritare « broyer »  (je ne vais pas les contredire), lui-même issu de tritum, supin du verbe terere, « frotter », en particulier terere granum, « battre le grain », « frotter pour séparer le grain de l’épi ». 
Qui se frotte à l'autre se pique lui-même d'être soi. Cécilie, 14 juin 2017. #jemelapete
C'est qui les autres ? Selon Aristote -384 av. J.-C. (selon moi aussi, mais bien après), l'être humain a besoin d'autrui pour se connaître lui-même : « La connaissance de soi est un plaisir (tu m'étonnes que je vaux le coup d'être connue) qui n'est pas possible sans la présence de quelqu'un d'autre qui soit notre ami ; l'homme qui se suffit à soi-même (un idiot celui-là) aurait donc besoin d'amitié pour apprendre à se connaître soi-même (et d'un coup de pied au..). »

Verbe

trier \tʁi.je\ transitif 1er groupe (conjugaison)

  1. Séparer ce que l'on souhaite garder et ce que l'on souhaite jeter.
    • Le videur de la boîte de nuit respecte un quota de jolies filles et interdit les boudins. Il parait, moi je suis toujours rentrée.
  2. Choisir dans un ensembleséparer du resterépartir suivant la qualité, le genre, etc.
    • Le videur de la boîte de nuit interdisait l'accès aux porteurs de baskets dans les années 80. Il parait, moi je suis toujours rentrée.
  3. (notamment dans le domaine de l’informatique) Classerranger selon un ordre déterminé, alphabétique, numérique, par numéro, par date…
    • Le videur de la boîte de nuit vérifie sur sa liste, accessible via son smartphone, si vous faîtes partie des invités. Il parait, moi je ne vais plus en boîte de nuit depuis 2009.
 
Le videur de la boîte de nuit est un être qui se laisse envahir par le "moi social", enfin le "toi social", le toi qui s'est fait beau, a mis du parfum et a ciré ses baskets si besoin, bref, l'image que tu crées nécessairement pour faire face au regard des autres en jouant de ton corps (et aussi avec parfois, ne fais pas ton timorée, je sais tout) et de ton statut social (et aussi ton statut facebook même si c'est du vent, de la poudre de perlimpinpin, rien).
 
Trier, c'est choisir l'autre et peut-être soi. Si "Je est un autre" (Arthur Rimbaud), dis moi qui est cet autre et je te dirai qui tu es toi.
 
PS1 : ATTENTION, exception qui confirme la règle : Le videur de la boîte de nuit n'est pas une jeune femme charmante au décolleté abyssal, découvrant des valons qu'il lui serait impossible d'arpenter avec ses talons de 12. Non, le videur de la boîte de nuit n'est pas ça.
PS2 : ATTENTION AUSSI Ne pas confondre avec archiver qui signifie trier ce qui a été et ce qui n'est plus. L'archivage agit naturellement et par nécessité afin de tirer un trait sur le passé. S'ensuit un dépôt dans l'âme. Avec le temps, il arrive même qu'on perde l'adresse du dépôt. Cependant, prenez soin de ne jamais perdre votre âme.

 

mer.

31

mai

2017

Et toi, tu aimes ce que tu fais ?

Je n'aime pas ce que je fais et en même temps je ne le fais pas. Hilarité devant l'absurdité de ce constat.

Je n'aime pas ce que je devrais faire est une phrase plus juste, même si c'est injuste d'avoir à faire des choses qu'on n'aime pas.

J'aime ce que je ne fais pas. Précisément parce que je ne le fais pas. Peut-être que l'amour est plus fort dans l'absence de tout acte ? 

 

Oh que j'aime ce que je ne fais pas ! Parce que ça me laisse le temps de faire tout ce que j'aime. Et là, c'est le véritable amour, dans l'acte.

J'aime ce que je fais. Précisément parce que je le fais.

Au commencement étaient les verbes aimer et faire, et ensuite la vie s'est déployée.

mer.

31

mai

2017

Dendrochronologie, qui es-tu ?

La coupe transversale d'un tronc fait apparaître des cernes annuels. L'étudier c'est le comprendre. Quel âge avez-vous à l'intérieur ? Plusieurs sans doute. Les âges de sécheresse affective laissent des traces noires dans les âmes. Qui a cessé de nous arroser quand nous avions 4, 12 ou 16 ans ?

 

Devenir des troncs abandonnés en forêt. Beau projet de vie.

 

Je suis le roseau face aux chaines de l'existence. Je plie et je ploie. Ça fait mal aux genoux quand même. Artrosis est un groupe de gothic metal polonais fondé en 1995 dans la ville de Zielona Góra. Ca dit des choses. Le décompte de mes cernes n'est que l'image de mes années de décroissance. Ce n'est pas vrai, je mens, point de cernes pour moi. Juste le poids sur les genoux de mon existence. Je plie et je ploie et je suis toujours là.

 

 

 

mer.

10

mai

2017

Le pendu

Au plus près du ciel,

Tendre le fil,

Lâcher prise.

Tisser une toile

Solide et sans emprise.

Le désir d'un dernier envol :

Échapper à l'apesanteur.

 

Sur le tas des ans s'appuyer encore,

La pointe des pieds comme dernier ancrage.

Tendre les bras.

Tendre le cou.

Le fil en acier, froid et dur,

Comme un serpent prêt à mordre jusqu'au sang.

La vie tel le venin dévore les cœurs purs.

 

Passer sa tête,

Enrouler son cou,

Inspirer encore.

La certitude d'en finir,

La sérénité à venir,

L'oubli, la paix et la violence.

 

D'un coup sec dégager le sol.

Le fracas de la matière,

Le bruit, une dernière fois.

En finir avec les sens.

Les os qui se brisent,

La tête sans aplomb.

L'asphyxie, enfin.

Les nerfs qui se rebellent,

Tressaillements inutiles,

Les couleurs qui s'en vont.

 

Le long du fil, la vie n'est plus.

Un pantin, une âme errante,

Il ne reste plus rien.

Le visage en souffrance et la mort qui l'habite.

 

Il est mort et il n'a pas dit pourquoi.

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jeu.

27

avril

2017

Le bonheur

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jeu.

20

avril

2017

J'étais plus libre

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lun.

27

févr.

2017

la colere

La colère noire, cette lame de fond inexorable... Happé par l'implosion, le corps qui se tend et se perd, l'âme en prise avec son conscient. Noir. Le marasme.

 

Le cri du silence dans l'amer.

 

L'enfer de l'autre et se taire.

 

Absorber, cacher, ne pas dire, fuir, puis déglutir le trop plein dans le sel des mots. Un festin pour l'angoisse, lancinante, qui brûle et laisse la peau en sang.

 

Écorchée vive dans la démesure de l'impossible silence.

 

Et pourtant se taire.

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sam.

18

févr.

2017

C'est long.

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ven.

17

févr.

2017

Dans la bouche

dans la bouche

le baiser
rose
la pâte molle
embrasser
 
dans la bouche
rouler
rose
la langue suave
caresser
 
dans la bouche
respirer
rose
l'air de l'autre
insuffler
 
dans la bouche
emmêler
rose
liquides corporels
lécher
 
dans la bouche
mordiller
rose
lèvres humectées
aspirer
 
dans la bouche
haper
rose
le sexe opposé
mouiller
 
dans la bouche
couler
rose
liqueur anisée
avaler
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jeu.

05

janv.

2017

Echouer c'est gagner

Il faut abandonner toute idée de réussite, parce que la réussite ne se fait que sous le regard des autres. L'échec est plus noble pour qui aspire à être ignoré et donc libre du poids sociétal.  L'échec est la réussite des humbles, de ceux qui n'ont pas peur de la solitude. La voie de l'échec est le chemin vers l'épanouissement personnel et la seule réelle possibilité d'être libre, serein et tranquille.

 

L'échec est l'excuse parfaite à nos futures médiocrités. Toute réussite implique de continuer. L'échec lui, offre une vie végétative de contemplation à nulle autre pareille. On excuse bien plus aux médiocres leurs croupissements qu'à ceux qui ont réussi. Les médiocres ont accompli une chose si misérable qu'il devient inenvisageable de les solliciter à nouveau. L'échec permet d'échapper aux autres et par là-même de se trouver soi.

 

Dans la vie, il faut échouer, sinon on reste perpétuellement malheureux, dans l'attente de ce qui ne dépend pas de nous. Échouer, c'est gagner sa liberté.

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lun.

20

juin

2016

Le fruit du pêcher était une pomme...

...Eh ouais. Lundi matin, première heure, éclair de lucidité.

 

Le fruit du pêcher était une pomme et, à l'époque, la seule réponse trouvée pour rendre compte de ces manipulations génétiques a été la feuille de vigne. La Bible est une belle salade de fruits où on apprend qu'Adam et Ève étaient des agronomes sans culottes, des précurseurs naïfs, les Pierre et Marie Curie de l'Eden mais sans courage. Adam balançait sans vergogne Ève et ses fesses "pomme-pomme" auprès d'un Dieu revanchard. Adam, un sans culotte darwinien qui n'assumait pas la r-évolution. 

 

Dieu aurait lâché un "Ça va pas se passer comme ça" (traduction contemporaine non exhaustive du texte classique) . Parce que Dieu, on lui la fait pas. Dieu, il est pas là pour rigoler. Dieu n'a pas de chat (alors que Yahvé oui, donc les rabbins aussi) mais Dieu a un chien. L'animal de compagnie canin est un prétexte pour exercer une autorité qui s'est avérée inefficace sur le genre humain. D'ailleurs, Dieu avoue sa faiblesse à demi-mot en nous traitant de moutons et en s'érigeant berger d'un royaume simpliste. A-t-on déjà vu un berger sans son chien ? Peut-être que je m'égare...

 

Revenons à nos brebis. Le fruit du pêcher était une pomme et ça n'a surpris personne. On nous a fait avaler une couleuvre. Dieu s'est mis en colère et a fini par cracher son venin. Adam a flippé sa mère mais comme il n'en avait pas, il s'est mis à boire. Quand le gène provoque la gêne, c'est par l'ivresse des raisins pressés et fermentés en fût de chêne (aux glands préalablement retirés) qu'Adam soigne sa contrariété et les affres mélancoliques de toute découverte accidentelle. Dieu étant féru de lettres (il a quand même des qualités), aurait ainsi prononcé "Couvrez moi ce vin que je ne saurais boire".  

 

Mais si, c'est vrai.

 

De cette découverte, Dieu créa la vigne vierge et la nomma Marie. Les choux étant une sale histoire de lobby de producteurs lorrains partis avec l'illusion que la choucroute peut se manger en toute saison. Mais ce sera pour une autre fois.Je remercie Adam et Ève qui aujourd'hui nous permettent de déguster des brugnons. Faut savoir dire merci. 

 

Maman si tu me lis, non je n'écoutais pas les cours de catéchisme et il semblerait que mon cerveau fasse aujourd'hui des amalgames incongrus. Mais je t'aime. 

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ven.

17

juin

2016

De la ratatouille à l'Apocalypse, il n'y a qu'un pas...

...que je franchis allègrement.

 

Il est assez rare que je cuisine mais parfois - surtout l'été - je prépare des ratatouilles. Et dans les ratatouilles, je mets de l'ail.

 

L'ail est un condiment dont il est facile d'extraire la gousse de son enveloppe sèche. J'ai constaté ça, c'est dire si j'ai pratiqué.

 

L'ail est un condiment dont il faut extraire la gousse pour faciliter la digestion. On me l'a dit et c'est vrai.

 

On s'en fout en fait. Ce que moi j'ai remarqué, c'est que l'ail ça colle aux doigts et de cette observation scientifique sans équivalent m'est venue cette idée post-apocalyptique. Si j'étais la seule personne au monde à avoir survécu à la chute d'une astéroïde en forme de gousse, que serais-je capable de recréer en terme de technologie ? Oui, quoi ?

 

Eh ben pardi, de la colle à l'ail ! Voilà tout ce que je serais capable de reproduire après la disparition de l'humanité. Même pas une étincelle pour faire du feu. De la colle à l'ail pour assembler des morceaux d'un puzzle dont je ne connais pas les contours, des bribes d'humains anéantis par l'univers et son improbable destinée.

 

On est d'accord, ça vaudrait pas le coup que je survive, hein ? 

 

Je me disais ça, en préparant une ratatouille. J'arrête la cuisine du coup. La cuisine et les pensées apocalyptiques qui en découlent.

 

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jeu.

16

juin

2016

On peut tout dire

On peut tout dire. On peut dire tout. Tout, et le reste. Tout ce qui nous envahit, sans cesse, le dire pour ne plus y penser. Déverser. Désemplir. Vider. Écoper les pensées pour que notre barque reste à flot.

Ça pense. Je pense. Tout le temps. On peut tout dire mais on pense trop rapidement. Assaillie, sans répit, les pensées affluent. Les seaux à peine vidés qu'il faut à nouveau les remplir pour fluidifier les pensées.
Le corps qui s'use, les bras qui s'épuisent. Le seau trop petit. Tenir le rythme, l'évasion pour fuire l'immersion. Lâcher prise. Le seau dans l'eau, par le fond.
 
Une planche, un radeau, flotter sur ses propos. L'horizon, linéaire, jamais atteint. Le soleil, tout en haut, qui brûle et irradie. L'éclaircie. L'intégralité du ciel qui contemple. Les hommes sur l'eau, chacun sur son radeau. Navire à vue. La chasse aux pirates et aux mensonges, débarquer les illusions.
 
On peut tout dire. On peut dire tout. A soi-même. Ne rien éclipser. Lire sa vérité, dans un sot, dans les flots. 
Les os qui nous portent, fragile barque que nos corps mis en charpie par la vie. 
La vie, les flots. On peut tout dire. On peut dire tout. Je t'aime. A soi. A l'autre. Sans rien attendre. Offrir une place sur son radeau. Embarquer la vie et l'autre. Partager nos os le temps de la traversée. Unir les solitudes, partager les seaux. On peut tout dire. On peut dire tout. L'important, ce sont les mots. Les mots prononcés. Les mots écoutés. Les mots entendus. Les yeux dans les yeux, comprendre à mots pleins, l'autre et ses seaux.
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jeu.

16

juin

2016

vivre jouir et mourir

prendre la vie à rebours

choisir son âge chaque jour
pour l'oubli
choisir l'amnésie
forcer le non-souvenir
penser être plus fort que le temps
tirer un rideau
chercher le noir
disparaître
le néant
le voilage
la lumière et les ombres
le vent dans les voiles
marée haute
bleu nuit
le fantôme dégouline
l'eau et les traces
flaques résiduelles
attendre que le soleil sèche les pas du passé
impossible retour en arrière
la poussière marque les contours
tout cela a existé
l'eau retourne au ciel
volupté des nuages qui dessinent nos rêves
l'impossible oubli
l'orage qui gronde
gris nuit
le drap sombre qui recouvre les corps
détrempés par les flux
cycle lent et inaltérable
après le soleil vient la pluie
vivre jouir et mourir
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mar.

10

mai

2016

Pour un oui, pour un non.

Pour un oui, pour un non.

Ça va, ça va pas. Ça va, ça va pas. Ça va, ça va pas. 
On sait plus, on en a plein le cul.
On devient vulgaire, sa mère.
Rien ne dure. La peau dure, oui, pour les autres. L'apparence. Les alouettes et leurs miroirs qui brisent les ailes des rêveurs. Malheur.
Éphémères les états d'âme, finir à terre, dans un mur.
Pour un non, pour un oui
Le nom, le nom... Mais comment s'appellent-ils déjà ?
Tous ces gens qui passent dans nos vies. A quoi bon ? Rien ne sert de se souvenir. Tout le monde s'oublie. Allez vous en. Filez. Rien ni personne ne retient ce qui a été. Oublier.
Pour un oui, pour un non
Les saisons, irréelles et pourtant, elles nous salissent, dégueulasses, elles nous marchent dessus. La peau qui se tend, la peau qui se détend, la peau qui craque. Gercer. Brûler. Les fêlures. Le sang et la chair à vif.
A quoi bon. Pour un oui, pour un non.
La mémoire pas si vive qui enterre vite fait ce que la vie avait cru bon de laisser croître. Connasse. 
Pour un non, pour un oui.
L'humaine condition. Périr. Mais avant il faut en découdre. Les illusions en bataillon. Les peut-être, escampette. Pour un oui, pour un non, se perdre chaque jour, chaque instant. Le désert mais c'est encore trop, alors le néant. Plus rien. Silence assourdissant. Bouche sèche. S'éteindre comme une cigarette consumée en trois bouffées. Naissance, petit bout de vie et mort. 
Pour un non, pour un non. Plus un mot. Ah si, un seul, celui de la fin. La fin de tout, parce que tout a une fin.
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jeu.

21

avril

2016

Personne n'appelle son enfant...

Personne n’appelle son enfant frappe parce que sinon ce serait toujours de sa faute.

 

-          Que s’est-il passé encore ? C’est toi qui as fait cette bêtise ?

-          Non, c’est pas moi, c’est la faute de Frappe.

 

Ah ah ah. Une petite frappe, c'est sûrement quelqu'un qui ne se relit pas.

 

Qu’est-ce que les fautes de frappe disent de nous ? Je ne sais pas. Faudrait demander à l’écriture intuitive qui a l’air d’en savoir beaucoup sur nos intentions. L’écriture intuitive est une sorte de lapsus et aussi l’expression de notre inconscient.  

 

Je t’em…A force d’écrire " Je t’embrasse" à mes proches, il m’est devenu impossible d’avoir un accès direct aux simples mots " je t’emmerde ". En effet, l’écriture intuitive sait que je ne conclus pas mes conversations par ce genre de propos vulgaires. Elle n’envisage pas que je puisse dire autre chose que "je t'embrasse" et, finalement, elle me remet dans le droit chemin biblique. L’écriture intuitive m’oblige à tendre la joue droite à un interlocuteur auquel j’aurais plutôt mis un coup de pied au cul…

 

Cul…Et c’est là que son intuition me guide vers la culture. Comme si le cul ne pouvait se suffire à lui-même, elle l’oblige à un complément. Cette partie de notre corps nous sert aussi à nous asseoir pour nous cultiver. L’écriture intuitive nous rappelle avec cette invective que le cul sans culture n’est que ruine du cul. Rabelais serait sans doute d’accord et moi aussi. Tout s'entretient en cul-ture.

 

Je t’a…Pour éviter les incidents diplomatiques qui vous feraient déclarer un amour plutôt que réclamer subtilement une prompte arrivée (je t’aime VS je t’attends suivi du chaleureux qu’est-ce tu fous ?!), je vous invite à vous relire.

 

 

L’avantage avec l’"au revoir" c’est qu’il ressemble de bien près à l’"adieu".

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