mer.

12

juil.

2017

Un sosie

Il y a quelques jours, j'ai croisé plusieurs fois un homme qui ressemblait à John Travolta. Une sorte de mauvais sosie. Est-ce que les gens connaissent les personnes auxquelles je trouve qu'ils ressemblent ?

 

La première fois, j'ai souri. Il était bedonnant et en bermuda bleu avec un bandana noir usé sans doute par tous lavages subis depuis les années 80. Dans ma tête, je le voyais danser avec Uma et je me disais que le bermuda aurait sans doute cassé l'image très cinématographique des deux acteurs se déhanchant sur un twist. Son ventre trop gras n'aurait pas laissé un espace suffisant aux mouvements de l'actrice quand elle mime sa plongée en eaux troubles.

 

La deuxième fois, j'ai souri aussi. Je me suis dit qu'il pourrait faire un effort parce que la ressemblance, quand même, c'était pas trop ça. Il portait des sacs plastiques, ses cheveux bruns étaient sales, il n'avait pas de catogan. Tu parles d'un sosie. 

 

La troisième fois, j'ai regardé autour de moi pour voir s'il n'y avait pas de caméra. Dans la rue, une fille avec un smartphone mais c'était pas Sofia Coppola. J'ai bien regardé John et j'ai failli l'arrêter. Mais qu'aurais-je fait ? Pas super envie de me faire baffer. Je ne me voyais pas trop lui demander un autographe, en plus, je ne sais pas comment on dit en anglais. Et puis je me suis souvenue qu'après l’explosion du crâne dans la voiture et la douche au jet d'eau froide, John avait emprunté de vieux vêtements. Il portait alors un bermuda bleu et n'avait pas de catogan.

 

Peut-être bien que c'était lui ?

 

mar.

11

juil.

2017

Les Cécilies, amphibiens mystérieux

Ce matin, j’ai trouvé ce document. https://www.fr.ch/mhn/files/pdf33/cecilies.pdf

Ça parle de moi alors ça m’a fait la matinée. En voici des extraits, commentés et aussi validés. Ou pas. 

 

Les Cécilies, des animaux mystérieux

 

Les Cécilies sont des Amphibiens allongés. Posture estivale, je valide.

Les Cécilies sont peu connues du grand public. Et c’est tant mieux, je valide. Seuls les indigènes et les ouvriers agricoles rencontrent parfois cette créature discrète dans les champs, les plantations ou la forêt tropicale. Si tu es indigène ou ouvrier agricole, contacte moi au plus vite par email pour que nous fassions connaissance dans un champ ou une plantation dès cet été et que nous rendions justice ensemble à ce qui est énoncé. Je ne valide pas.

 

En 1749 déjà, Carl von Linné (1707-1778) AH LALA le mytho, j’étais même pas née. le célèbre naturaliste suédois, décrivait ce groupe d’animaux. Leurs mœurs sont discrètes, et elles vivent dans des régions reculées. Alors déjà, Carl, mes mœurs sont ce qu’elles sont, et les étaler dans un traité scientifique, perso, je trouve pas ça très discret. Quant à Lyon, cher Carl, ce n'est pas non plus un village médiéval. Il faudrait vous renseigner au lieu de croire en votre érudition. Je ne valide pas.

 

Le zoologue Edward Harrison Taylor (1889-1972), qui a étudié ces animaux, les décrit de la manière suivante : « En regardant superficiellement cet être vivant, je trouve qu’il ressemble à un ver de terre doté d’une colonne vertébrale. » Ver de terre, non mais ta mère ! Vous vous êtes vu ? Il faut regarder en profondeur, vous gagnerez du temps. Je ne valide pas.

 

Les Cécilies subissent, soit dans l’œuf soit après l’éclosion, une métamorphose. Ah ben oui, j’ai grandi, je suis passée de 51 cm à la naissance à 1m69 à l’âge adulte. Et puis mes cheveux sont passés du blond, au châtain et là, ils virent au blanc. Je valide.  Une larve, respirant par des branchies, se transforme en un animal terrestre respirant par des poumons. Une larve, faudrait pas exagérer. Je suis née poussière et sans doute qu’avec ce que je fume, je finirai en cendres. Je valide quand même.

 

Comparés à d’autres Vertébrés terrestres, les Amphibiens sont de petite taille. Je mesure 1m69, ce qui pour ma génération, est une taille moyenne voire même haute, surtout quand je porte mes talons. Je ne valide pas.

 

Afin de se protéger contre les infections liées à des champignons ou des micro-organismes et dissuader des ennemis potentiels, les Amphibiens sécrètent par la peau, des substances antibiotiques et venimeuses. Après la douche, je m’asperge chaque matin de parfums délicats. Je précise que le port du préservatif constitue un rempart assez fiable aux maladies sexuellement transmissibles. Enfin, j’ajoute qu’un NON clair ainsi qu'une attitude fermée et sans équivoque repoussent les lourds prétendants vers d’autres animaux plus dociles. Je valide.

 

L’anatomie de leur oreille moyenne les distingue de tous les autres Vertébrés terrestres. Oui j’ai les oreilles percées et assez jolies. Une fois l’an, je m’enguirlande pour m’amuser. Je valide.

 

Ils ont des dents pédicellées; dents, dont la base est séparée de la couronne par une zone de tissu filandreux. Ok, oui, bon, j’ai porté un appareil de la 5ème à la 3ème , ce qui m’a valu un certain retard dans la fréquentation du sexe opposé. Enfin à l’époque, c’était pas du sexe, c’était juste des baisers volés. Je valide.

 

 

Uniques, les Cécilies ont des écailles de poisson N’importe quoi. Elle avait du poil aux pattes, Cécilie aussi. Je ne valide pas.

 

Autres caractéristiques qui font que les Cécilies sont uniques :

Les Cécilies sont les seuls Amphibiens sans pigment vert à l’intérieur de l’oeil. Alors là, pas d’accord. J’ai les yeux fichtrement verts, tous mes pigments le sont. Les yeux verts, les yeux revolvers. Je ne valide pas.

 

Chez de nombreux Anoures et Urodèles, un muscle relie l’épaule à la capsule auditive. Ce système dit Operculum-Opercularis était probablement un système simple d’équilibre et sensoriel des Amphibiens ancestraux. Les Cécilies, qui aujourd’hui n’ont plus d’épaule, ne disposent plus de ce système. Comment savent-ils que je me suis pêtée la clavicule gauche en moto ? Je suis estomaquée. Je valide.

 

La répartition géographique des familles de Cécilies ne correspond pas à la disposition actuelle des continents. De ce fait, elle a dû avoir lieu avant les grands déplacements des continents. Alors j’ai vécu à la campagne, à Paris et maintenant à Lyon. J’ai quitté plusieurs fois le continent lors de voyages touristiques, mais ça n’a eu aucun effet sur la tectonique des plaques. Je ne valide pas.

 

Les familles de Cécilies et leur niveau évolutif

 

Les Cécilies primitives : Ca n’existe pas.

Les Cécilies évoluées : Ben y’a moi.

Les Cécilies les plus évoluées : Moi dans un an. Dans la vie, il faut des projets qui nous portent et toujours aller de l’avant.

 

Les Cécilies, des fouisseuses de galeries

 

La plupart des Cécilies sont bien adaptées à la vie souterraine. De part leur aspect et leur mode de vie, elles forment un groupe d’animaux bien différencié. Question d’urbanité. Je ne prends que rarement le métro mais il est vrai que j’adore aller au musée, visiter des expositions, des galeries d’art tout ça, j’adore, j’adore, j’adore.. Je valide.

Grâce à ces tentacules, que l’on ne retrouve chez aucun autre vertébré, les Cécilies sont capables de sentir, de goûter et de récolter des informations quant à la température et l’humidité. Non, c’est pas ça, pas exactement, je parlerais plus volontiers d’hypersensibilité. Quant aux tentacules, vous êtes sérieux ? Je ne valide qu’à moitié.

 

Alors que certaines espèces ont encore de bonnes facultés visuelles, d’autres ont des yeux atrophiés, recouverts de peau, de tissus ou même cachés par les os du crâne. Longtemps, j’ai été myope jusqu’à en perdre un œil. Puis les bistouris m’ont rendue cette faculté visuelle qui n'a pas de prix (enfin si 3000 € avec une prise en charge partielle de la mutuelle), faculté exacerbée par ma quête perpétuelle de nouveautés : voir ce qui n’a pas encore été vu. Je valide.  

 

Les Cécilie possèdent une anatomie du corps (musculature et squelette), qui permet d’avancer dans les galeries grâce à un mouvement en accordéon. « Walk like an egyptian »(clique si tu veux écouter) est une chanson des Bangles qui date de 1986. Sinon, moi, je marche normalement. Leur corps est capable de glisser sur les surfaces grâce à des sécrétions visqueuses de la peau. Tout sol sec est évité par les Cécilies car il ne leur permet de se déplacer qu’au prix d’efforts importants. Elles n’apparaissent à la surface de la terre que lorsque l’humidité est suffisante. Alors là, on est dans le grand n’importe quoi ! Peut-être que je ne passe pas la serpillière tous les jours, ça, je vais pas vous mentir, c'est vrai. Par contre, je glisse comme tout le monde quand le sol est gras. Donc je ne valide pas.   

 

Les Cécilies aquatiques vivent dans les régions tropicales d’Amérique du Sud En vrai je vais passer l’été dans le Forez.

 

Les Cécilies aquatiques doivent remonter régulièrement à la surface de l’eau pour respirer, et leur corps, proche de celui d’une anguille, Je fais quand même un 90 B est bien adapté à la vie aquatique. L’été je nage c’est vrai, et je lézarde aussi, ça me fait une compagnie. Je valide mais vite fait.

Les Cécilies nageuses, du genre Typhlonectes, mangent des mollusques aquatiques mais aussi des poissons morts. Plateau de fruits de mer et sushis, ben oui et alors ? Je valide. 

 

Attention, nous sommes venimeuses !

 

Le mot d’ordre des Cécilies pour assurer leur survie est :

 • se cacher sous terre pour éviter le danger. Durant la journée, lorsqu’elles courent le plus grand risque, elles restent dans le sol. C’est durant la nuit qu’elles remontent à la surface. La vérité c’est que l’écran d’ordinateur est remplacé par le sol. Je suis cachée derrière mon écran avec mon ennui et dès la sortie du travail, je revis. Tu m’étonnes que je valide !

 

Les chances de survie d’une Cécilie augmentent :

• lorsqu’elle parvient à effrayer visuellement son agresseur. La Cécilie de São Tomé avertit ses ennemis « Attention ! Ne t’approche pas ! » à l’aide de la couleur jaune vive de son corps.  Le jaune ne me sied pas au teint et en règle générale, je préfère aller au-delà des apparences, y compris la mienne. J’impressionne donc par des répliques stupides qui arrêtent net tout intérêt qu’on pourrait me porter. Je ne valide pas.

• lorsqu’elle est non comestible ou toxique. Qui n’a pas connu de relation toxique, hein, qui ? Mes chances de survie augmentent surtout quand j’ai le temps d’écrire et que je ne suis pas au travail.

 

Connue depuis peu, une Cécilie sans poumon C’est vrai, j’ai repris la cigarette et ma santé se gâte. Bientôt, je vais à nouveau arrêter de fumer. Validation en cours d’exécution.

 

Récemment le Musée d’histoire naturelle de Vienne (Autriche) trouva dans sa collection une Cécilie sans poumon. Est-ce prémonitoire ? Ce qui m’attend si je n’arrête pas la cigarette, c’est une assistance respiratoire, le bras tendu sur un perchoir roulant, je déambulerai avec un bâton pour prêcher la saine parole que fumer est mauvais pour la santé.

Sur l’étiquette du bocal contenant l’animal, aucune mention ne figurait quant à la date ni au lieu où fut trouvée cette Cécilie. Mon corps est en cours de combustion. Une crémation interne pour enterrement lent mais pas indolore. Je vais finir dans un bocal auprès de mes congénères. Oui mais quand ?  Après des recherches, un autre spécimen d’Atretochoana eiselti fut découvert dans un musée brésilien. Là aussi, l’étiquette était malheureusement incomplète. Malgré tout, on sait aujourd’hui que des Cécilies sans poumon existent et qu’elles vivent, selon toute vraisemblance, en Amérique du Sud. C’est vrai qu’avec le réchauffement climatique, les températures lyonnaises n’ont rien à envier à celles de Rio. Je valide.

 

Pour conclure, tout est vrai ou presque.

 

 

mer.

05

juil.

2017

Le temps pour tout

"Un poète mort n'écrit plus. D'où l'importance de rester vivant." Michel Houellebecq

Le temps pour tout,

Élastique, dans l’oubli et les souvenirs qui émergent tels des icebergs.

Infini, dans l’absence et les résurgences d’un passé toujours à flot.

Éclair, dans les rires et la joie du présent qui s’écrit à nouveau.

 

Le temps qui s’arrête.

Léger, se nourrir et plonger dans les lectures nécessaires.

Lumière, l’instinct qui dicte, et oblige, et raconte, tout ce qu’on a enfoui.

Il faudra bien écrire ce que la vie m’a fait,

 

Témoignage minuscule d’un amour défait.

mer.

14

juin

2017

Trier

TRIER
(~1175) Étymologie discutée. (Toujours cette histoire de poule et d’œufCertains y voient une déformation de tirer. (Ce qui, avec une arme à feu, reste quand même un moyen d'opérer un tri). D’autres pensent qu’il serait issu du bas latin tritare « broyer »  (je ne vais pas les contredire), lui-même issu de tritum, supin du verbe terere, « frotter », en particulier terere granum, « battre le grain », « frotter pour séparer le grain de l’épi ». 
Qui se frotte à l'autre se pique lui-même d'être soi. Cécilie, 14 juin 2017. #jemelapete
C'est qui les autres ? Selon Aristote -384 av. J.-C. (selon moi aussi, mais bien après), l'être humain a besoin d'autrui pour se connaître lui-même : « La connaissance de soi est un plaisir (tu m'étonnes que je vaux le coup d'être connue) qui n'est pas possible sans la présence de quelqu'un d'autre qui soit notre ami ; l'homme qui se suffit à soi-même (un idiot celui-là) aurait donc besoin d'amitié pour apprendre à se connaître soi-même (et d'un coup de pied au..). »

Verbe

trier \tʁi.je\ transitif 1er groupe (conjugaison)

  1. Séparer ce que l'on souhaite garder et ce que l'on souhaite jeter.
    • Le videur de la boîte de nuit respecte un quota de jolies filles et interdit les boudins. Il parait, moi je suis toujours rentrée.
  2. Choisir dans un ensembleséparer du resterépartir suivant la qualité, le genre, etc.
    • Le videur de la boîte de nuit interdisait l'accès aux porteurs de baskets dans les années 80. Il parait, moi je suis toujours rentrée.
  3. (notamment dans le domaine de l’informatique) Classerranger selon un ordre déterminé, alphabétique, numérique, par numéro, par date…
    • Le videur de la boîte de nuit vérifie sur sa liste, accessible via son smartphone, si vous faîtes partie des invités. Il parait, moi je ne vais plus en boîte de nuit depuis 2009.
 
Le videur de la boîte de nuit est un être qui se laisse envahir par le "moi social", enfin le "toi social", le toi qui s'est fait beau, a mis du parfum et a ciré ses baskets si besoin, bref, l'image que tu crées nécessairement pour faire face au regard des autres en jouant de ton corps (et aussi avec parfois, ne fais pas ton timorée, je sais tout) et de ton statut social (et aussi ton statut facebook même si c'est du vent, de la poudre de perlimpinpin, rien).
 
Trier, c'est choisir l'autre et peut-être soi. Si "Je est un autre" (Arthur Rimbaud), dis moi qui est cet autre et je te dirai qui tu es toi.
 
PS1 : ATTENTION, exception qui confirme la règle : Le videur de la boîte de nuit n'est pas une jeune femme charmante au décolleté abyssal, découvrant des valons qu'il lui serait impossible d'arpenter avec ses talons de 12. Non, le videur de la boîte de nuit n'est pas ça.
PS2 : ATTENTION AUSSI Ne pas confondre avec archiver qui signifie trier ce qui a été et ce qui n'est plus. L'archivage agit naturellement et par nécessité afin de tirer un trait sur le passé. S'ensuit un dépôt dans l'âme. Avec le temps, il arrive même qu'on perde l'adresse du dépôt. Cependant, prenez soin de ne jamais perdre votre âme.

 

mer.

31

mai

2017

Et toi, tu aimes ce que tu fais ?

Je n'aime pas ce que je fais et en même temps je ne le fais pas. Hilarité devant l'absurdité de ce constat.

Je n'aime pas ce que je devrais faire est une phrase plus juste, même si c'est injuste d'avoir à faire des choses qu'on n'aime pas.

J'aime ce que je ne fais pas. Précisément parce que je ne le fais pas. Peut-être que l'amour est plus fort dans l'absence de tout acte ? 

 

Oh que j'aime ce que je ne fais pas ! Parce que ça me laisse le temps de faire tout ce que j'aime. Et là, c'est le véritable amour, dans l'acte.

J'aime ce que je fais. Précisément parce que je le fais.

Au commencement étaient les verbes aimer et faire, et ensuite la vie s'est déployée.

mer.

31

mai

2017

Dendrochronologie, qui es-tu ?

La coupe transversale d'un tronc fait apparaître des cernes annuels. L'étudier c'est le comprendre. Quel âge avez-vous à l'intérieur ? Plusieurs sans doute. Les âges de sécheresse affective laissent des traces noires dans les âmes. Qui a cessé de nous arroser quand nous avions 4, 12 ou 16 ans ?

 

Devenir des troncs abandonnés en forêt. Beau projet de vie.

 

Je suis le roseau face aux chaines de l'existence. Je plie et je ploie. Ça fait mal aux genoux quand même. Artrosis est un groupe de gothic metal polonais fondé en 1995 dans la ville de Zielona Góra. Ca dit des choses. Le décompte de mes cernes n'est que l'image de mes années de décroissance. Ce n'est pas vrai, je mens, point de cernes pour moi. Juste le poids sur les genoux de mon existence. Je plie et je ploie et je suis toujours là.

 

 

 

mer.

10

mai

2017

Le pendu

Au plus près du ciel,

Tendre le fil,

Lâcher prise.

Tisser une toile

Solide et sans emprise.

Le désir d'un dernier envol :

Échapper à l'apesanteur.

 

Sur le tas des ans s'appuyer encore,

La pointe des pieds comme dernier ancrage.

Tendre les bras.

Tendre le cou.

Le fil en acier, froid et dur,

Comme un serpent prêt à mordre jusqu'au sang.

La vie tel le venin dévore les cœurs purs.

 

Passer sa tête,

Enrouler son cou,

Inspirer encore.

La certitude d'en finir,

La sérénité à venir,

L'oubli, la paix et la violence.

 

D'un coup sec dégager le sol.

Le fracas de la matière,

Le bruit, une dernière fois.

En finir avec les sens.

Les os qui se brisent,

La tête sans aplomb.

L'asphyxie, enfin.

Les nerfs qui se rebellent,

Tressaillements inutiles,

Les couleurs qui s'en vont.

 

Le long du fil, la vie n'est plus.

Un pantin, une âme errante,

Il ne reste plus rien.

Le visage en souffrance et la mort qui l'habite.

 

Il est mort et il n'a pas dit pourquoi.

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jeu.

27

avril

2017

Le bonheur

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jeu.

20

avril

2017

J'étais plus libre

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lun.

27

févr.

2017

la colere

La colère noire, cette lame de fond inexorable... Happé par l'implosion, le corps qui se tend et se perd, l'âme en prise avec son conscient. Noir. Le marasme.

 

Le cri du silence dans l'amer.

 

L'enfer de l'autre et se taire.

 

Absorber, cacher, ne pas dire, fuir, puis déglutir le trop plein dans le sel des mots. Un festin pour l'angoisse, lancinante, qui brûle et laisse la peau en sang.

 

Écorchée vive dans la démesure de l'impossible silence.

 

Et pourtant se taire.

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sam.

18

févr.

2017

C'est long.

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ven.

17

févr.

2017

Dans la bouche

dans la bouche

le baiser
rose
la pâte molle
embrasser
 
dans la bouche
rouler
rose
la langue suave
caresser
 
dans la bouche
respirer
rose
l'air de l'autre
insuffler
 
dans la bouche
emmêler
rose
liquides corporels
lécher
 
dans la bouche
mordiller
rose
lèvres humectées
aspirer
 
dans la bouche
haper
rose
le sexe opposé
mouiller
 
dans la bouche
couler
rose
liqueur anisée
avaler
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jeu.

05

janv.

2017

Echouer c'est gagner

Il faut abandonner toute idée de réussite, parce que la réussite ne se fait que sous le regard des autres. L'échec est plus noble pour qui aspire à être ignoré et donc libre du poids sociétal.  L'échec est la réussite des humbles, de ceux qui n'ont pas peur de la solitude. La voie de l'échec est le chemin vers l'épanouissement personnel et la seule réelle possibilité d'être libre, serein et tranquille.

 

L'échec est l'excuse parfaite à nos futures médiocrités. Toute réussite implique de continuer. L'échec lui, offre une vie végétative de contemplation à nulle autre pareille. On excuse bien plus aux médiocres leurs croupissements qu'à ceux qui ont réussi. Les médiocres ont accompli une chose si misérable qu'il devient inenvisageable de les solliciter à nouveau. L'échec permet d'échapper aux autres et par là-même de se trouver soi.

 

Dans la vie, il faut échouer, sinon on reste perpétuellement malheureux, dans l'attente de ce qui ne dépend pas de nous. Échouer, c'est gagner sa liberté.

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lun.

20

juin

2016

Le fruit du pêcher était une pomme...

...Eh ouais. Lundi matin, première heure, éclair de lucidité.

 

Le fruit du pêcher était une pomme et, à l'époque, la seule réponse trouvée pour rendre compte de ces manipulations génétiques a été la feuille de vigne. La Bible est une belle salade de fruits où on apprend qu'Adam et Ève étaient des agronomes sans culottes, des précurseurs naïfs, les Pierre et Marie Curie de l'Eden mais sans courage. Adam balançait sans vergogne Ève et ses fesses "pomme-pomme" auprès d'un Dieu revanchard. Adam, un sans culotte darwinien qui n'assumait pas la r-évolution. 

 

Dieu aurait lâché un "Ça va pas se passer comme ça" (traduction contemporaine non exhaustive du texte classique) . Parce que Dieu, on lui la fait pas. Dieu, il est pas là pour rigoler. Dieu n'a pas de chat (alors que Yahvé oui, donc les rabbins aussi) mais Dieu a un chien. L'animal de compagnie canin est un prétexte pour exercer une autorité qui s'est avérée inefficace sur le genre humain. D'ailleurs, Dieu avoue sa faiblesse à demi-mot en nous traitant de moutons et en s'érigeant berger d'un royaume simpliste. A-t-on déjà vu un berger sans son chien ? Peut-être que je m'égare...

 

Revenons à nos brebis. Le fruit du pêcher était une pomme et ça n'a surpris personne. On nous a fait avaler une couleuvre. Dieu s'est mis en colère et a fini par cracher son venin. Adam a flippé sa mère mais comme il n'en avait pas, il s'est mis à boire. Quand le gène provoque la gêne, c'est par l'ivresse des raisins pressés et fermentés en fût de chêne (aux glands préalablement retirés) qu'Adam soigne sa contrariété et les affres mélancoliques de toute découverte accidentelle. Dieu étant féru de lettres (il a quand même des qualités), aurait ainsi prononcé "Couvrez moi ce vin que je ne saurais boire".  

 

Mais si, c'est vrai.

 

De cette découverte, Dieu créa la vigne vierge et la nomma Marie. Les choux étant une sale histoire de lobby de producteurs lorrains partis avec l'illusion que la choucroute peut se manger en toute saison. Mais ce sera pour une autre fois.Je remercie Adam et Ève qui aujourd'hui nous permettent de déguster des brugnons. Faut savoir dire merci. 

 

Maman si tu me lis, non je n'écoutais pas les cours de catéchisme et il semblerait que mon cerveau fasse aujourd'hui des amalgames incongrus. Mais je t'aime. 

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ven.

17

juin

2016

De la ratatouille à l'Apocalypse, il n'y a qu'un pas...

...que je franchis allègrement.

 

Il est assez rare que je cuisine mais parfois - surtout l'été - je prépare des ratatouilles. Et dans les ratatouilles, je mets de l'ail.

 

L'ail est un condiment dont il est facile d'extraire la gousse de son enveloppe sèche. J'ai constaté ça, c'est dire si j'ai pratiqué.

 

L'ail est un condiment dont il faut extraire la gousse pour faciliter la digestion. On me l'a dit et c'est vrai.

 

On s'en fout en fait. Ce que moi j'ai remarqué, c'est que l'ail ça colle aux doigts et de cette observation scientifique sans équivalent m'est venue cette idée post-apocalyptique. Si j'étais la seule personne au monde à avoir survécu à la chute d'une astéroïde en forme de gousse, que serais-je capable de recréer en terme de technologie ? Oui, quoi ?

 

Eh ben pardi, de la colle à l'ail ! Voilà tout ce que je serais capable de reproduire après la disparition de l'humanité. Même pas une étincelle pour faire du feu. De la colle à l'ail pour assembler des morceaux d'un puzzle dont je ne connais pas les contours, des bribes d'humains anéantis par l'univers et son improbable destinée.

 

On est d'accord, ça vaudrait pas le coup que je survive, hein ? 

 

Je me disais ça, en préparant une ratatouille. J'arrête la cuisine du coup. La cuisine et les pensées apocalyptiques qui en découlent.

 

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jeu.

16

juin

2016

On peut tout dire

On peut tout dire. On peut dire tout. Tout, et le reste. Tout ce qui nous envahit, sans cesse, le dire pour ne plus y penser. Déverser. Désemplir. Vider. Écoper les pensées pour que notre barque reste à flot.

Ça pense. Je pense. Tout le temps. On peut tout dire mais on pense trop rapidement. Assaillie, sans répit, les pensées affluent. Les seaux à peine vidés qu'il faut à nouveau les remplir pour fluidifier les pensées.
Le corps qui s'use, les bras qui s'épuisent. Le seau trop petit. Tenir le rythme, l'évasion pour fuire l'immersion. Lâcher prise. Le seau dans l'eau, par le fond.
 
Une planche, un radeau, flotter sur ses propos. L'horizon, linéaire, jamais atteint. Le soleil, tout en haut, qui brûle et irradie. L'éclaircie. L'intégralité du ciel qui contemple. Les hommes sur l'eau, chacun sur son radeau. Navire à vue. La chasse aux pirates et aux mensonges, débarquer les illusions.
 
On peut tout dire. On peut dire tout. A soi-même. Ne rien éclipser. Lire sa vérité, dans un sot, dans les flots. 
Les os qui nous portent, fragile barque que nos corps mis en charpie par la vie. 
La vie, les flots. On peut tout dire. On peut dire tout. Je t'aime. A soi. A l'autre. Sans rien attendre. Offrir une place sur son radeau. Embarquer la vie et l'autre. Partager nos os le temps de la traversée. Unir les solitudes, partager les seaux. On peut tout dire. On peut dire tout. L'important, ce sont les mots. Les mots prononcés. Les mots écoutés. Les mots entendus. Les yeux dans les yeux, comprendre à mots pleins, l'autre et ses seaux.
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jeu.

16

juin

2016

vivre jouir et mourir

prendre la vie à rebours

choisir son âge chaque jour
pour l'oubli
choisir l'amnésie
forcer le non-souvenir
penser être plus fort que le temps
tirer un rideau
chercher le noir
disparaître
le néant
le voilage
la lumière et les ombres
le vent dans les voiles
marée haute
bleu nuit
le fantôme dégouline
l'eau et les traces
flaques résiduelles
attendre que le soleil sèche les pas du passé
impossible retour en arrière
la poussière marque les contours
tout cela a existé
l'eau retourne au ciel
volupté des nuages qui dessinent nos rêves
l'impossible oubli
l'orage qui gronde
gris nuit
le drap sombre qui recouvre les corps
détrempés par les flux
cycle lent et inaltérable
après le soleil vient la pluie
vivre jouir et mourir
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mar.

10

mai

2016

Pour un oui, pour un non.

Pour un oui, pour un non.

Ça va, ça va pas. Ça va, ça va pas. Ça va, ça va pas. 
On sait plus, on en a plein le cul.
On devient vulgaire, sa mère.
Rien ne dure. La peau dure, oui, pour les autres. L'apparence. Les alouettes et leurs miroirs qui brisent les ailes des rêveurs. Malheur.
Éphémères les états d'âme, finir à terre, dans un mur.
Pour un non, pour un oui
Le nom, le nom... Mais comment s'appellent-ils déjà ?
Tous ces gens qui passent dans nos vies. A quoi bon ? Rien ne sert de se souvenir. Tout le monde s'oublie. Allez vous en. Filez. Rien ni personne ne retient ce qui a été. Oublier.
Pour un oui, pour un non
Les saisons, irréelles et pourtant, elles nous salissent, dégueulasses, elles nous marchent dessus. La peau qui se tend, la peau qui se détend, la peau qui craque. Gercer. Brûler. Les fêlures. Le sang et la chair à vif.
A quoi bon. Pour un oui, pour un non.
La mémoire pas si vive qui enterre vite fait ce que la vie avait cru bon de laisser croître. Connasse. 
Pour un non, pour un oui.
L'humaine condition. Périr. Mais avant il faut en découdre. Les illusions en bataillon. Les peut-être, escampette. Pour un oui, pour un non, se perdre chaque jour, chaque instant. Le désert mais c'est encore trop, alors le néant. Plus rien. Silence assourdissant. Bouche sèche. S'éteindre comme une cigarette consumée en trois bouffées. Naissance, petit bout de vie et mort. 
Pour un non, pour un non. Plus un mot. Ah si, un seul, celui de la fin. La fin de tout, parce que tout a une fin.
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jeu.

21

avril

2016

Personne n'appelle son enfant...

Personne n’appelle son enfant frappe parce que sinon ce serait toujours de sa faute.

 

-          Que s’est-il passé encore ? C’est toi qui as fait cette bêtise ?

-          Non, c’est pas moi, c’est la faute de Frappe.

 

Ah ah ah. Une petite frappe, c'est sûrement quelqu'un qui ne se relit pas.

 

Qu’est-ce que les fautes de frappe disent de nous ? Je ne sais pas. Faudrait demander à l’écriture intuitive qui a l’air d’en savoir beaucoup sur nos intentions. L’écriture intuitive est une sorte de lapsus et aussi l’expression de notre inconscient.  

 

Je t’em…A force d’écrire " Je t’embrasse" à mes proches, il m’est devenu impossible d’avoir un accès direct aux simples mots " je t’emmerde ". En effet, l’écriture intuitive sait que je ne conclus pas mes conversations par ce genre de propos vulgaires. Elle n’envisage pas que je puisse dire autre chose que "je t'embrasse" et, finalement, elle me remet dans le droit chemin biblique. L’écriture intuitive m’oblige à tendre la joue droite à un interlocuteur auquel j’aurais plutôt mis un coup de pied au cul…

 

Cul…Et c’est là que son intuition me guide vers la culture. Comme si le cul ne pouvait se suffire à lui-même, elle l’oblige à un complément. Cette partie de notre corps nous sert aussi à nous asseoir pour nous cultiver. L’écriture intuitive nous rappelle avec cette invective que le cul sans culture n’est que ruine du cul. Rabelais serait sans doute d’accord et moi aussi. Tout s'entretient en cul-ture.

 

Je t’a…Pour éviter les incidents diplomatiques qui vous feraient déclarer un amour plutôt que réclamer subtilement une prompte arrivée (je t’aime VS je t’attends suivi du chaleureux qu’est-ce tu fous ?!), je vous invite à vous relire.

 

 

L’avantage avec l’"au revoir" c’est qu’il ressemble de bien près à l’"adieu".

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lun.

11

avril

2016

Acquérir des certitudes

« J’en ai acquis la certitude. »

La certitude ça s’acquiert. Et oui, mais combien ça coûte ? Ils font aussi des promos ? Y-a-t-il un marchand de certitudes ? Où est-il ? Quelle forme ça a une certitude ? On peut en changer si on n’est pas satisfait ? Y-a-t-il un service après vente ?

La certitude est le négatif du doute. La certitude a les contours du doute, l’odeur du doute, le goût du doute mais sans l’amertume de l’angoisse. La certitude sans le doute, ça n’existe pas. Si on ne sait pas nécessairement (en tous cas, pas moi) si c’est la poule ou l’œuf qui est arrivé en premier, on sait que la certitude vient du doute. J’en suis sûre, j’ai vraiment douté avant de le savoir. On acquiert des certitudes parce qu’on a su douter un moment. Tout le monde peut douter sans le savoir mais savoir douter n’est pas donné à tout le monde.

C’est comme passer le permis de conduire. Il faut un code et des heures de bonne conduite. Errer sur la route du doute la majeure partie de son existence pour acquérir la certitude que celle-ci n’a aucun sens à part celui que l’on veut bien lui donner. Comme quoi posséder ne rend pas nécessairement heureux. Savoir qu’on ne sait rien et que même ça, on n’en est pas sûr. Il faudra bien faire avec le doute pour accéder à la sérénité.

J’ai acquis la certitude qu’être dans le doute est pour moi le signe que je suis en mouvement. La certitude est utile uniquement dans les croisements. La certitude est le clignotant de nos existences, l’aiguillage sur la route de nos doutes. La certitude construit nos choix, elle les définit et les réalise. Nos certitudes passées dessinent nos parcours.

Parfois nos certitudes redeviennent des doutes. Parce que la route est sinueuse, que nos vies basculent, que l’on peut faire demi-tour jusqu’à un ancien croisement et changer de destination pour continuer sur d’autres doutes. Parce que bien mal acquis ne profite jamais, il faut prendre le temps du doute. Parce que les certitudes sont utiles uniquement si on doute, et que le doute permet de goûter la vie. Parce que les certitudes c’est l’inertie et valable un instant. Parce que le doute c’est la lenteur et le temps au temps, que la lenteur est un rythme et que le doute est un cheminement.

Bref… Moi je ne sais pas, je doute souvent, tout le temps, inexorablement.

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dim.

03

avril

2016

Grand public...Et si l'universel le remportait par Chaos ?

Je me demandais, le grand public, il mesure combien exactement ? Existe-t-il une échelle normée comme pour les tremblements de terre afin de qualifier ce grand public? En quoi le grand public serait-il un honneur ? Le grand public, ça concerne beaucoup de gens. Plein, trop, tellement. La tyrannie des chiffres à chaque coin de mots. Compter, déchiffrer pour définir. Mais ce n’est pas la question. On ne peut pas mener sa vie sous prétexte d’une majorité. D’autant plus lorsqu‘elle est qualifiée d’écrasante.

 

 

-          Pourquoi agis-tu ainsi ?

 

-          Parce que tout le monde le fait aussi.

 

 

Et finir dans l’aveu qu’on ne se pose même pas la question d’une autre voie. Agir comme les autres sans savoir pourquoi.

 

 

Dans ma tête, quelqu’un me coupe la parole et me crie : « Attends ! Mais qui est apparu en premier ? L’œuf ou la poule ? ». Il ne veut pas se taire.  Je le comprends car c’est un peu moi qui crie, là.

 

 

Chercher le premier mouton dans une botte de foin. Pour comprendre. Pour se disculper. Pour invectiver. Pour punir. Pour déculpabiliser.

 

 

Nous avons tous la responsabilité du mouton que nous sommes.

 

 

S’en remettre aux autres. Être un numéro dans un troupeau écrasé par sa propre inertie. Satisfait de la chaleur que produit le troupeau, incapable de sentir l’odeur nauséabonde de l’idée unique, le mouton est un miroir qui ne réfléchit pas.

 

 

Le grand public est l’ennemi des avancées. Il cajole, il berce, il endort. C’est un drapeau à damier qui offre l’illusion d’une arrivée sur un chemin qui n’en comporte pas. Le grand public, ça craint.  Le grand public est la fin de l’intime, la flaque dans laquelle Narcisse se noie.

 

 

Quel lien existe-t-il entre le grand public et l’universel ? Je ne sais pas. Mais je sais que l’universel a la noblesse de ne pas pointer le mouton noir du doigt, qu’il laisse à chacun le soin de s’approprier l’idée et de l’enrichir quand le grand public formate, exige et délivre des normes à l’insu de ceux qui les suivent.

 

 

L’universel ne peut pas se mesurer. Il est inquantifiable et donc, fiable, parce qu’évident.

 

 

Si le grand public et l’universel se rencontraient sur le ring de catch que j’ai dans ma tête en ce moment, l’universel remporterait par "Chaos* et infini des possibles" contre un grand public vulgaire, vêtu d’acrylique tape à l’œil bien trop moulant.

 

 

 

*Dans la mythologie grecque, Chaos est l'élément primordial de la théogonie hésiodique. Il désigne une profondeur béante. Il précède non seulement l’origine du monde, mais celle des dieux.

Je précise que je sais comment écrire Knockout. La preuve.

 

 

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dim.

27

mars

2016

Il faudra bien t'y résoudre

 

Se rendre à l’évidence, cette destination qui n’emballe personne et à laquelle on ne peut échapper. Les billets sont offerts, le temps de transport dépend du voyageur, mais l’évidence est au bout. Première ou seconde classe, train régional ou transsibérien, un train qui ne déraille jamais, le voyage vers l’évidence transporte communément toutes nos individualités. Désespoir et souffrance en supplément de bagage, des colis suspectés qu’on reléguerait bien au transport de marchandise, dans un autre train, loin de nous, dans une autre vie. Oui mais voilà, on ne choisit pas ce dont la vie nous charge

.

 

« Il faudra bien t’y résoudre. »

 

 

Et si l’existence n’était qu’un exercice à soi-même ? Accepter sans cesse pour admettre nos limites, sinon recommencer, reproduire des schémas identiques, et alourdir le bagage. Ne pas lutter, monter dans le train, et pourquoi pas ?! choisir la grande vitesse… pour avancer plus vite et enchainer les évidences. Mais pour qui je me prends ?

 

On n’échappe jamais à soi-même. Il existe une durée incompressible pour se rendre à l’évidence. Un temps sûrement négocié âprement par des parties dont les intérêts m’échappent.

 

 

« Il faudra bien t’y résoudre. »

 

 

S’agacer. Sentir la colère qui monte. Sourde, aveugle, dévastatrice. Souffrir de son humanité. En plein cœur, la douleur qui ronge. Je ne suis pas une équation.

 

 

Une équation est, en mathématiques, une égalité contenant une ou plusieurs variables. Résoudre l'équation consiste à déterminer les valeurs que peut prendre la variable pour rendre l'égalité vraie. La variable est aussi appelée inconnue et les valeurs pour lesquelles l'égalité est vérifiée solutions.

 

 

Chercher ces variables inconnues pour être à égalité avec la vie. En quête permanente de ses propres valeurs, de solutions pour accéder à l’équilibre. Ca suppose que chaque être soit un problème à résoudre pour lui-même. Plus le temps passe, plus les variables sont nombreuses et l’équilibre est dur à trouver. Il est loin le temps où zéro plus zéro égalait la tête à Toto. Effacer et recommencer, mais changer de variables, c’est à cela qu’il faut se résoudre. Il y a des variables qui ne sont pas des ajustements. La vie se charge d’entourer en rouge ces erreurs et d’écrire en gras dans la marge « Ne retient pas ses leçons ».

 

 

« Il faudra bien t’y résoudre. »

 

 

Je suis dans un train qui avance et je cours dans le wagon en sens inverse. Mais le train est rapide et moi, je m’essouffle. J’avance de plus en plus lentement à reculons. L’évidence inexorable pour ultime destination.

 

 

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mer.

23

mars

2016

Le hamster de Lascaux vomira-t-il sur la tortue ?

Il faudrait tout répéter deux dois.

Il faudrait tout répéter deux fois.

Ou pas.

Ou pas.

Ou peut-être trois fois.

Ou peut-être trois fois.

Ou peut-être trois fois. 

(Il y a de l'écho dans la grotte de Lascaux) (Il y a du sens dans l'allégorie de la caverne)

 

Au bout de combien de tour sait-on qu'on tourne en rond ?

Compter jusqu’à l’infini.

 

Le hamster n'a pas le mal de mer. Il ne vomit jamais dans sa roue. Il se grise et s’illusionne dans son mouvement perpétuel. 

L'inertie est l'immersion de la pensée.

En rond. En rond. En rond. Sans petit patapon.

 

 

En physique, l'inertie d'un corps, dans un référentiel galiléen (dit inertiel), est sa tendance à conserver sa vitesse : en l'absence d'influence extérieure, tout corps ponctuel perdure dans un mouvement rectiligne uniforme. L'inertie est l'équivalence entre « la vitesse \vec{v} du corps ponctuel par rapport au repère galiléen est constante » et « la somme des forces \vec{F} s'exerçant sur le corps est nulle ».

\vec{v} = cte \Leftrightarrow \sum\vec{F}=\vec{0}

 

Si un jour j'ai un hamster, je l’appellerai Sisyphe et je l'imaginerai heureux. Un jour j'ai peint ma tortue en bleu.

 

Fin.

 

 

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mar.

22

mars

2016

Prends- moi

Exercice pratique

 
Vous voilà revenu au collège en quelques lignes. Le tableau noir qui dans les faits est vert sapin. Les craies qui partent en poussière dans les mots qu'elles tracent. Le professeur à la barbe noire qui n'a rien d'un pirate, avec son pantalon en velours mille raies beige remonté au-dessus du nombril, sa chemise qui a dû être blanche autrefois, boutonnée jusqu'à sa pomme d'Adam.
 
"Complétez la sentence" Les mots sont lâchés. Comme un ordre, le professeur à la barbe noire qui n'a rien d'un pirate nous dicte l'exercice sur le ton de l'impératif. Il déplie un morceau de papier trouvé dans sa poche. Il déambule dans la classe et ses semelles en crêpes grincent sur le parquet. Il distribue des feuilles blanches. Puis il déclame haut et fort. 
 
Prends moi
 
"Vous avez vingt minutes." 
Étonnement général. Rires dans les rangs. Vingt minutes, c'est beaucoup et c'est si peu...Et déjà dans les têtes toutes les réponses probables.
 
Oh prends moi
Prends-moi pour aller à la piscine
Prends-moi pour un jambon
Prends-moi vite fait bien fait
Prends-moi des croissants pour le petit déjeuner
Prends-moi quelques minutes pour réfléchir aux conséquences de tes actes
Prends-moi la main
Prends-moi dans tes bras
Prends-moi pour une conne
Prends-moi comme je suis
Prends-moi au sérieux
Et laisse moi tranquille
 
Le professeur à la barbe noire qui n'a rien d'un pirate sursaute. Il rougit.  
"Pardon, je me suis trompé".
Il replie le papier et le remet dans sa poche. Il reprend.
 
"Composez autour de cette phrase : vouloir c'est pouvoir."
 
L'exercice d'une vie.
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lun.

07

mars

2016

Dis-moi comment tu meurs, je te dirai ce que tu fus

Les gens meurent, la plupart du temps ça arrive à la fin de leur vie. Les gens meurent mais tous ne décèdent pas. Les gens meurent et, selon la manière dont on l'annonce, ça raconte un peu leur vie.
Les artistes s'éteignent. Les  musiciens se taisent. Les sans-papiers avalent leur acte de naissance. Les miséreux crèvent. Les esthéticiennes y laissent leur peau. Les apaisés s'endorment. Les marionnettistes tirent le rideau. Les malades trépassent. Les sportifs claquent. Les hôtesses de l'air plient bagage. Les religieux sont rappelés. Les tête-en-l'air perdent la vie. Les lâches disparaissent. Les marcheurs passent le pas. Les carreleurs restent sur le carreau. Les râleurs rendent leur dernier soupir. Les amoureux sont ravis. Les vieux époux ferment les yeux. Les chercheurs trouvent la mort. Les aveugles ferment leurs paupières. Les amants se retirent. Les militaires sont occis. Les vendeurs du Mac Do sont emportés. Les putes cassent leur pipe. Les acteurs tirent leur révérence. Les écrivains referment leur livre. Les voyageurs périssent. Les festivaliers canent. Les écolos mangent les pissenlits par la racine. Les pollueurs payent leur dette à la nature. Les ostréiculteurs clamsent. Les plongeurs font le grand saut. Les éclairagistes passent du côté des ténèbres. Les voleurs rendent l'âme. Les archéologues se retrouvent six pieds sous terre. Les blondes rendent l'esprit. 
Je ne sais comment je vais mourir, mais je sais ce qui me tue. Le silence.
Il laisse sans voix et sans voie.
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mer.

24

févr.

2016

Ôde à la prairie et aux changements

La prairie est plus verte ailleurs. Je le sais. J'ai déjà eu un jardin.
La prairie est plus verte ailleurs et pas uniquement parce qu'on perçoit de belles plantes (humour chlorophylle pour un éventuel lecteur botaniste).
La prairie est plus verte ailleurs est une affirmation qui mérite explications. La prairie est plus verte ailleurs oui, mais sous certaines conditions. C'est comme une offre avec (*), il faut toujours consulter les conditions générales de vente avant de se lancer dans une nouvelle situation.
 
Comme souvent dans la vie, il faut choisir, et donc discriminer selon certains critères, forcément. Inclusif, exclusif, inférieur ou supérieur mais pas égal, sinon il n'y a pas d'intérêt.Traiter l'irrationnel avec les outils antiques de l'arithmétique. Ethique pas toc. Si les grecs ont sculpté beaucoup de marbre, des représentations esthétiques et des principes, les outils de leurs théorèmes permettent à ma prairie de voir le jour. La prairie est plus verte ailleurs parce que le règne végétal n'a pas dit son dernier mot. Oui, la végétation reprend toujours ses droits sur l'ordre érigé par les hommes. Oui, selon moi, la raison est d'ordre minéral alors que les sentiments sont d'ordre végétal. Oui, les cimetières sont remplis de stèles recouvertes de lianes arborescentes, du lierre sur de la pierre. Lutte incessante entre la raison et les sentiments, entre l'inertie mortelle des principes réels (oui nous allons mourir) et la sève de la vie bien réelle elle aussi (oui la vie continuera après nous). Il faut s'y faire, l'un ne va pas sans l'autre. Ma perception de la raison est mortelle. Au sens propre, mais figurez-vous que je n'aime pas non plus avoir tort. Il faut donc discriminer et comparer des paramètres inconstants dans des contextes évolutifs. La vie en somme. 
 
Revenons-en à nos moutons dans cette prairie plus verte. Plus verte que quoi ? Plus verte que la prairie dans laquelle on se trouve. Sans petite maison, ni pionnier inadapté au mode de vie urbain.  Qu'est-ce qui me permet aujourd'hui d'annoncer haut et fort que la prairie est plus verte ailleurs ? Ce satané critère discriminant qu'est l'âge. L'âge qui offre la probabilité d'avoir vécu des expériences, sans toutefois attester qu'elles aient réellement eu lieu. " La connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est que de l'information. " Albert Einstein. L'âge permet une meilleure perception de la qualité des pelouses, une connaissance optimale des moyens de son entretien et une parfaite maîtrise de ses outils. C'est cette connaissance de soi dans la prairie qui fait qu'on en change et qu'on est alors à même d'apprécier la verdeur d'à côté. Ce n'est même pas dit qu'on parte ou change pour du plus vert. On part ou change pour du différent, du "qui nous convient mieux" et pour lequel on se sent prêt à en découdre. La prairie est plus verte ailleurs implique un certain courage, une audace et la volonté de construire dans l'inconnu. 
 
Quand une prairie est devenue infertile et qu'on finit par l'utiliser pour ériger des chapelles aux renoncements de nos rêves, il s'agit d'envisager de changer de terrain. Ou bien de prier pour son salut proche car le carnage aura lieu, quoiqu'on fasse. Laisser la place à quelque chose ou à quelqu'un qui aura la main verte, c'est permettre des possibles, c'est le contraire de l'égoïsme. On sait tous que l'usage intensif d'engrais est mauvais pour la santé. L'engrais est une allégorie parfaite au sur-jeu du faire semblant. Cela fait plaisir sur l'instant, on a un effet immédiat, mais sur la durée, l'engrais use et brûle les forces. Il finit par gangrener et atteindre les parts qui avaient été épargnées jusque là.
La prairie est plus verte ailleurs parce qu'on choisit en conscience qu'elle le soit. Et c'est quoi la prairie ? La prairie c'est ce que tu veux. Ton travail, ton cours de gym, ton appartement, ton amoureux, ton épicier, ta coiffeuse, ton pantalon. La prairie est une image dont tu choisis toi-même le champ d'application. L'important c'est de ne jamais renier d'avoir vécu dans cette prairie. La prairie est plus verte ailleurs uniquement si on est capable d'admettre la verdeur qu'on a eu pendant un moment mais qui n'est plus. Accepter que la prairie soit plus verte ailleurs, c'est faire amende honorable et aller de l'avant.
 
Je ne suis pas certaine qu'on comprenne mes allégories, et finalement peu importe. L'important c'est aussi d'être soi pleinement et de s'exprimer librement avec les mots qui sont les siens. C'est clivant, mais c'est comme ça. 
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mer.

24

févr.

2016

La liste

Les listes. Ah les listes... Ah la la les listes. Tu fais pas des listes toi ? Non, moi je ne fais pas de liste. Moi je fais ou je ne fais pas, mais ce que je ne fais pas, par exemple c'est des listes. Les listes c'est juste nommer nos obligations ou celles qu'on nous impose. Alors on prend un papier et un crayon, et on note, avec un petit tiret devant, les taches à accomplir. Certains les priorisent avec des numéros ou même des couleurs. Le tout sur des petits morceaux de papiers jaunes, carrés ou rectangulaires avec une bande adhésive repositionnable. La liste est une mise à distance momentanée de contraintes plus ou moins choisies. Le plus souvent la liste continue de nous regarder sournoisement de son coin de post it.  Elle nous culpabilise. La liste c'est une maman qui nous dit d'aller nous brosser les dents alors qu'on est au moment le plus palpitant du film. La liste ça crispe. La liste est une femme qui veut toujours faire un régime amaigrissant. Une femme un peu trash qui veut qu'on la salisse en la balafrant. Une femme suicidaire qui veut disparaître à tout prix. 

Pour faire chier une liste, il ne faut rien faire de ce qu'il y a dessus. Au bout d'un moment, elle se racornit et elle finit en boule dans une corbeille à papier parce qu'elle l'a bien mérité. Quand on a atteint un haut degré de sagesse comme moi, eh bien on ne fait plus de liste, ou alors juste pour rigoler.
 
Liste de ce que je ne ferai pas aujourd'hui :
 
- manger un banana split
- un appel à témoin
- une division euclidienne 
- m'asseoir dans un pédiluve
- répondre à un sondage en ligne
- faire pipi dans la neige (à regrets)
- l'amour
- chanter Jésus revient (zut ça me l'a mis dans la tête)
- interviewer Annie Cordy
- désherber un jardin
- un bon petit plat en sauce
- une prise de sang
- passer mon permis de conduire (je l'ai déjà)
- un spectacle de marionnettes
- me teindre les cheveux
- travailler plus de 10 minutes sans me déconcentrer
- boire une Tequila Sunrise
- visiter une maison de retraite
- du toboggan (encore que rien n'est moins sûr)
- travailler ?
 
Si on dit que lister ce qu'on ne fait pas c'est finalement, lister en non-dit ce qu'on fait, on est en plein champ des possibles. Un champ vert, vaste et étendu au loin jusqu'à l'horizon. 
Dis moi ce que tu listes pas, je te dirai ce que tu fais.
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mer.

17

févr.

2016

Cette nuit j'ai fait un rêve

Cette nuit j'ai fait un rêve que jamais je n'avais fait auparavant. C'était un rêve étrange mais il n'était pas pénétrant. Là s'arrête la référence à la poésie.


Assise sur un tracteur en plastique de couleur noire à bande jaune, un jouet pour enfant, je déambulais dans les rues d'une ville grise, morne et vide, sans que cela n'étonne personne. Il n'y avait personne à étonner puisque la ville était vide. C'est ce que je me suis dit en me réveillant. Mais là je dormais, alors je pédalais dans mon rêve en me disant, tiens ça n'étonne personne, continuons.
 
Sur le tracteur en plastique noir à bande jaune, les genoux au ciel, au dessus de mon menton, je ne savais pas où j'allais mais il était évident que j'avançais inéluctablement. Une sorte d'allégorie de la vie qui défile, qu'on soit mobile ou non. Tout à coup, sur le côté, un gars gris dans un manteau gris, portant un pantalon gris et des baskets en tissu blanc, un tissu grisé par la salissure du temps. Un gars tout gris donc, aux cheveux ternes et aux traits dessinés aux couteaux était là dans mon rêve. Il s'est emparé d'une énorme pierre qui est apparue subitement comme le font souvent les pierres dans les villes de nos rêves. Et j'ai eu peur. Il l'a dressé au-dessus de sa tête. Il prenait son élan. Il avait l'air méchant. Les lèvres pincées comme pour concentrer toute son énergie dans l'envoi de cette masse grise. il visait un angle de rue comme sur un billard à trois bandes, essayant de m'atteindre sans que je puisse déceler le moment de l'impact. 
 
L'angoisse qui étreint la poitrine. L'évidence que, quoiqu'il arrive, il fallait pédaler, avancer, ne pas s'arrêter. Avoir confiance, ne pas se poser de question. Avancer, pédaler. Pourquoi moi ? qu'est-ce que j'avais fait ? Se dire que, parfois, on n'est pas au bon endroit malgré soi. Pédaler, avancer. La pierre qui tape un premier angle de rue. Elle rebondit. Elle vole et va rebondir sur une façade. Elle ne s'écrase pas. La pierre est molle mais je redoute sa trajectoire. Avancer pédaler. Elle rebondit à nouveau, elle perd de l'ardeur. J'avance, le souffle court, le cœur tapant à plein. Je suis sur un vélo noir dont les poignées en plastique m'irritent la paume des mains. Pédaler, avancer. Il me suit. il court. Il me jette à nouveau des pierres. elles sont plus petites, les trajectoires sont nettes. J'ai peur. Avancer, pédaler. Crier. Mais pourquoi ? Pourquoi ? Pédaler, avancer. Les pierres tombent sur les bas côtés. Je roule. Je prends mon téléphone. Mes yeux balaient la rue à la recherche d'un point de repère. Appeler les secours, leur dire les jets de pierre. Pédaler, avancer. Mais où suis-je ? Des panneaux bleus rois. Des lettres illisibles. La poitrine qui se sert. L'angoisse. La peur. L'incompréhension. Un parking souterrain. Du ciment gris. La taille de mon vélo a diminué de moitié. Je suis sur un BMX noir, des ampoules ensanglantées sur les pouces, les pieds au sol. Silence. Plus rien. Ca y est je suis réveillée. 
 
Cette nuit j'ai fait un rêve que jamais je n'avais fait auparavant. C'était un rêve étrange, un rêve dérangeant.
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dim.

01

nov.

2015

La réalité

C'est mon obsession quotidienne, définir ce qu'est la réalité. Définir la réalité quand tout m'échappe. Souvent, la réalité est une putain : "putain de réalité". Souvent la réalité a une particule noble "réalité à la con." Aujourd'hui est un grand jour, ma réalité mêle prostitution et noblesse.

 

"Putain de réalité à la con".

 

La réalité court toujours plus vite que moi. Elle me rattrape ou me précéde. Ma réalité est née dans les années 90 et possèdent des AIR Jordan. Mention non sponsorisée par une marque américaine qui a pourtant le sens du cash bien réel. La réalité ça se monnaie. C'est ce que les gens croient. Ils achètent leur réalité. Ils donnent un sens à leur labeur en se conformant aux images que la société leur envoie. L'achat, l 'achat compulsif, pour se sentir vivant, comme un pincement aux fesses, comme un coït en caisse. "Avoir" au lieu d'"être".

 

Ma réalité me saute à la gueule comme un chien excité par les odeurs des femelles en chaleur.

 

Quelqu'un m'a dit "La réalité, c'est ce qui résiste". Et c'était pas Carla Bruni.

Quelqu'un m'a dit "La réalité nait dans l'échec". Quelqu'un m'a dit "Tu n'as pas le sens des réalités". Je tourne en rond au carrefour giratoire d'une vie à laquelle je suis la seule à pouvoir donner un sens. Mais je ne repartirai pas en arrière.

 

La réalité c'est un temps. Celui de l'instant. Celui de la claque. Celui de l'impact. Celui de la sensation. Celui de la douleur. Celui de la souffrance qui s'ensuit.

 

La réalité n'existe pas dans le bonheur. Parce que même quand cela arrive, il faut qu'on nous pince pour y croire. Comme si la douleur était le seul révélateur.

 

Comment comprendre ce qui parait une évidence telle, qu'ainsi, peu d'entre nous prennent le temps de s'interroger ? Comme si la vie était un synonyme tout trouvé pour définir la réalité.

Qu'est-ce qu'elle n'est pas ? Elle n'est pas douce, elle n'est pas tendre, elle n'est pas bienveillante, elle est souvent injuste, elle est clivante, elle est obtuse, elle est butée, elle est bornée, elle est furtive, elle est éphémère et continue, elle est dégueulasse et déterminée, elle est sûre d'elle et sans état d'âme. Connasse.

 

Virtuel : qui n'est qu'en puissance; sans effet actuel.

 

La réalité est dans l'acte. Les faits sont têtus. L'absence de fait l'est tout autant.

Peut-on opposer le réel au virtuel ? A-t-on seulement le choix ? Il existe autant de réalités que d'humains, il existe autant de réalités que de rencontres, il existe autant de réalités que d'idées confrontées, il existe autant de réalités que d'instants et de lieux, et tout cela, mêlé et entre-mêlé. A vomir. S'étourdir. Déglutir. A en perdre la tête. Faire table rase. Choisir de croire en la sienne.

Les mots sont une réalité uniquement pour celui qui les prononce et qui les entend. Mieux vaut se taire, souvent.

La réalité n'existe pas. Le père Noël existe. La petite souris existe. Les dragons existent. Les fées existent. Le grand méchant loup existe. Les fantômes existent.

 

La réalité universelle n'existe pas. Ce sont nos réalités qui existent. Nos putains de réalités à la con.

 

 

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