Le pendu

Au plus près du ciel,

Tendre le fil,

Lâcher prise.

Tisser une toile

Solide et sans emprise.

Le désir d'un dernier envol :

Échapper à l'apesanteur.

 

Sur le tas des ans s'appuyer encore,

La pointe des pieds comme dernier ancrage.

Tendre les bras.

Tendre le cou.

Le fil en acier, froid et dur,

Comme un serpent prêt à mordre jusqu'au sang.

La vie tel le venin dévore les cœurs purs.

 

Passer sa tête,

Enrouler son cou,

Inspirer encore.

La certitude d'en finir,

La sérénité à venir,

L'oubli, la paix et la violence.

 

D'un coup sec dégager le sol.

Le fracas de la matière,

Le bruit, une dernière fois.

En finir avec les sens.

Les os qui se brisent,

La tête sans aplomb.

L'asphyxie, enfin.

Les nerfs qui se rebellent,

Tressaillements inutiles,

Les couleurs qui s'en vont.

 

Le long du fil, la vie n'est plus.

Un pantin, une âme errante,

Il ne reste plus rien.

Le visage en souffrance et la mort qui l'habite.

 

Il est mort et il n'a pas dit pourquoi.

Écrire commentaire

Commentaires : 0