On peut tout dire

On peut tout dire. On peut dire tout. Tout, et le reste. Tout ce qui nous envahit, sans cesse, le dire pour ne plus y penser. Déverser. Désemplir. Vider. Écoper les pensées pour que notre barque reste à flot.

Ça pense. Je pense. Tout le temps. On peut tout dire mais on pense trop rapidement. Assaillie, sans répit, les pensées affluent. Les seaux à peine vidés qu'il faut à nouveau les remplir pour fluidifier les pensées.
Le corps qui s'use, les bras qui s'épuisent. Le seau trop petit. Tenir le rythme, l'évasion pour fuire l'immersion. Lâcher prise. Le seau dans l'eau, par le fond.
 
Une planche, un radeau, flotter sur ses propos. L'horizon, linéaire, jamais atteint. Le soleil, tout en haut, qui brûle et irradie. L'éclaircie. L'intégralité du ciel qui contemple. Les hommes sur l'eau, chacun sur son radeau. Navire à vue. La chasse aux pirates et aux mensonges, débarquer les illusions.
 
On peut tout dire. On peut dire tout. A soi-même. Ne rien éclipser. Lire sa vérité, dans un sot, dans les flots. 
Les os qui nous portent, fragile barque que nos corps mis en charpie par la vie. 
La vie, les flots. On peut tout dire. On peut dire tout. Je t'aime. A soi. A l'autre. Sans rien attendre. Offrir une place sur son radeau. Embarquer la vie et l'autre. Partager nos os le temps de la traversée. Unir les solitudes, partager les seaux. On peut tout dire. On peut dire tout. L'important, ce sont les mots. Les mots prononcés. Les mots écoutés. Les mots entendus. Les yeux dans les yeux, comprendre à mots pleins, l'autre et ses seaux.

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