Acquérir des certitudes

« J’en ai acquis la certitude. »

La certitude ça s’acquiert. Et oui, mais combien ça coûte ? Ils font aussi des promos ? Y-a-t-il un marchand de certitudes ? Où est-il ? Quelle forme ça a une certitude ? On peut en changer si on n’est pas satisfait ? Y-a-t-il un service après vente ?

La certitude est le négatif du doute. La certitude a les contours du doute, l’odeur du doute, le goût du doute mais sans l’amertume de l’angoisse. La certitude sans le doute, ça n’existe pas. Si on ne sait pas nécessairement (en tous cas, pas moi) si c’est la poule ou l’œuf qui est arrivé en premier, on sait que la certitude vient du doute. J’en suis sûre, j’ai vraiment douté avant de le savoir. On acquiert des certitudes parce qu’on a su douter un moment. Tout le monde peut douter sans le savoir mais savoir douter n’est pas donné à tout le monde.

C’est comme passer le permis de conduire. Il faut un code et des heures de bonne conduite. Errer sur la route du doute la majeure partie de son existence pour acquérir la certitude que celle-ci n’a aucun sens à part celui que l’on veut bien lui donner. Comme quoi posséder ne rend pas nécessairement heureux. Savoir qu’on ne sait rien et que même ça, on n’en est pas sûr. Il faudra bien faire avec le doute pour accéder à la sérénité.

J’ai acquis la certitude qu’être dans le doute est pour moi le signe que je suis en mouvement. La certitude est utile uniquement dans les croisements. La certitude est le clignotant de nos existences, l’aiguillage sur la route de nos doutes. La certitude construit nos choix, elle les définit et les réalise. Nos certitudes passées dessinent nos parcours.

Parfois nos certitudes redeviennent des doutes. Parce que la route est sinueuse, que nos vies basculent, que l’on peut faire demi-tour jusqu’à un ancien croisement et changer de destination pour continuer sur d’autres doutes. Parce que bien mal acquis ne profite jamais, il faut prendre le temps du doute. Parce que les certitudes sont utiles uniquement si on doute, et que le doute permet de goûter la vie. Parce que les certitudes c’est l’inertie et valable un instant. Parce que le doute c’est la lenteur et le temps au temps, que la lenteur est un rythme et que le doute est un cheminement.

Bref… Moi je ne sais pas, je doute souvent, tout le temps, inexorablement.

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