Grand public...Et si l'universel le remportait par Chaos ?

Je me demandais, le grand public, il mesure combien exactement ? Existe-t-il une échelle normée comme pour les tremblements de terre afin de qualifier ce grand public? En quoi le grand public serait-il un honneur ? Le grand public, ça concerne beaucoup de gens. Plein, trop, tellement. La tyrannie des chiffres à chaque coin de mots. Compter, déchiffrer pour définir. Mais ce n’est pas la question. On ne peut pas mener sa vie sous prétexte d’une majorité. D’autant plus lorsqu‘elle est qualifiée d’écrasante.

 

 

-          Pourquoi agis-tu ainsi ?

 

-          Parce que tout le monde le fait aussi.

 

 

Et finir dans l’aveu qu’on ne se pose même pas la question d’une autre voie. Agir comme les autres sans savoir pourquoi.

 

 

Dans ma tête, quelqu’un me coupe la parole et me crie : « Attends ! Mais qui est apparu en premier ? L’œuf ou la poule ? ». Il ne veut pas se taire.  Je le comprends car c’est un peu moi qui crie, là.

 

 

Chercher le premier mouton dans une botte de foin. Pour comprendre. Pour se disculper. Pour invectiver. Pour punir. Pour déculpabiliser.

 

 

Nous avons tous la responsabilité du mouton que nous sommes.

 

 

S’en remettre aux autres. Être un numéro dans un troupeau écrasé par sa propre inertie. Satisfait de la chaleur que produit le troupeau, incapable de sentir l’odeur nauséabonde de l’idée unique, le mouton est un miroir qui ne réfléchit pas.

 

 

Le grand public est l’ennemi des avancées. Il cajole, il berce, il endort. C’est un drapeau à damier qui offre l’illusion d’une arrivée sur un chemin qui n’en comporte pas. Le grand public, ça craint.  Le grand public est la fin de l’intime, la flaque dans laquelle Narcisse se noie.

 

 

Quel lien existe-t-il entre le grand public et l’universel ? Je ne sais pas. Mais je sais que l’universel a la noblesse de ne pas pointer le mouton noir du doigt, qu’il laisse à chacun le soin de s’approprier l’idée et de l’enrichir quand le grand public formate, exige et délivre des normes à l’insu de ceux qui les suivent.

 

 

L’universel ne peut pas se mesurer. Il est inquantifiable et donc, fiable, parce qu’évident.

 

 

Si le grand public et l’universel se rencontraient sur le ring de catch que j’ai dans ma tête en ce moment, l’universel remporterait par "Chaos* et infini des possibles" contre un grand public vulgaire, vêtu d’acrylique tape à l’œil bien trop moulant.

 

 

 

*Dans la mythologie grecque, Chaos est l'élément primordial de la théogonie hésiodique. Il désigne une profondeur béante. Il précède non seulement l’origine du monde, mais celle des dieux.

Je précise que je sais comment écrire Knockout. La preuve.

 

 

Écrire commentaire

Commentaires : 0